jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 30 avril 2019, La Société Anonyme de droit français dénommée CRÉDIT LYONNAIS c/ Madame p. S. née B.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 30 avril 2019, n° 18092 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 30 avril 2019, n° 18092 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2019/04-30-18092)) ## Faits et procédure La salariée, Madame p. S. née B., a été engagée par la société anonyme Crédit Lyonnais à compter du 1er décembre 2002, en qualité de conseillère de clientèle « Particuliers ». Les faits à l'origine du litige, qui ont donné lieu à des poursuites pénales, concernent l'exercice de ses fonctions. Par jugement du 12 juillet 2016, le tribunal correctionnel l'a condamnée pour escroquerie à deux mois d'emprisonnement avec sursis. La cour d'appel correctionnelle a confirmé cette peine par arrêt du 7 novembre 2016, devenu définitif. La procédure disciplinaire interne a connu plusieurs étapes : avis favorable à la révocation du conseil de discipline de l'établissement, décision mixte de la commission paritaire, puis refus de la commission de licenciement, saisie en raison du statut de déléguée du personnel de la salariée. Le 22 mai 2014, l'employeur a saisi le tribunal du travail d'une demande de résolution judiciaire du contrat de travail aux torts exclusifs de la salariée pour faute grave, avec effet rétroactif au 16 décembre 2013, date de notification de la mise à pied conservatoire. Par jugement du 11 janvier 2018, le tribunal du travail a débouté la banque de l'ensemble de ses demandes. Il a relevé que l'employeur disposait de la preuve de la faute, établie par la condamnation pénale définitive, et que la convention collective des personnels de banque prévoyait la révocation comme sanction disciplinaire, sans prévoir la voie de la résolution judiciaire. La banque a interjeté appel le 21 février 2018. Par le même acte, ou à la même date, elle a pris acte de l'avis de la commission de discipline et a décidé de mettre fin au contrat par licenciement. Elle a adressé à la salariée son solde de tout compte et ses documents de fin de contrat par courrier du 2 mars 2018. La salariée a excipé de l'irrecevabilité de l'appel et demandé 15 000 euros de dommages-intérêts pour appel abusif. ## Question de droit La question posée à la cour d'appel était double. En premier lieu, il lui fallait déterminer si l'employeur, qui avait mis en œuvre la procédure de licenciement et prononcé celui-ci le jour même de son appel, avait acquiescé au jugement déféré au sens de l'article 426 du Code de procédure civile, rendant son recours irrecevable. Cette question engageait l'appréciation de l'intérêt à agir en cause d'appel. En second lieu, il s'agissait de savoir si la poursuite de l'appel dans ces conditions constituait une faute ouvrant droit à réparation au profit de l'intimée. Les moyens de fond soul
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