jurisprudence · v1.0.0
Cour de révision, 16 mars 2012, Mme C N de F. c/ Mme N L épouse C. et Mme N C.
Résumé
# Cour de Révision de Monaco, 16 mars 2012, n° 8712 > Décision commentée : Cour de Révision de Monaco, 16 mars 2012, n° 8712 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-revision/2012/03-16-8712)) ## Faits et procédure Par contrat du 17 juin 1996, M. A. C. a donné à bail à Mme C. N. de F. un appartement, pour une durée de trois ans renouvelable par tacite reconduction. Un nouveau bail, conclu le 1er juillet 2008, fixait le loyer annuel à 21 408 euros et portait le dépôt de garantie à 5 352 euros. La locataire ayant cessé de payer à compter du 1er juillet 2009, le bailleur lui a adressé plusieurs lettres recommandées réclamant 13 061,40 euros. Cette somme comprenait la différence de dépôt de garantie (1 540,78 euros), des charges pour 2008 (816,62 euros) et les loyers échus depuis le 1er juillet 2009. Le 11 novembre 2009, un commandement de payer a été signifié à la locataire. Il visait la clause résolutoire du bail, selon laquelle le défaut de paiement « entraînera de plein droit, à la volonté du bailleur, seul, la déchéance du preneur dans tous les droits et bénéfices qu'il lui confère, sans qu'il soit besoin de faire prononcer la résiliation judiciairement et ce, un mois après un commandement demeuré infructueux ». La locataire a versé 5 000 euros le 4 décembre 2009. Le bailleur l'ayant assignée le 21 décembre 2009, le juge des référés a constaté l'acquisition de la clause résolutoire, prononcé la résiliation de plein droit du bail, ordonné la libération des lieux dans un délai de 45 jours à compter de la signification et, à défaut, l'expulsion. Sur appel, la cour d'appel a réformé l'ordonnance par arrêt du 11 janvier 2011 et dit n'y avoir lieu à référé. Elle a relevé l'existence d'une difficulté sérieuse tenant à l'appréciation des causes de l'inexécution, la locataire invoquant sa bonne foi et une force majeure. La Cour de révision a cassé cet arrêt par décision du 14 octobre 2011, pour violation de l'article 989 du code civil, et renvoyé la cause devant elle, autrement composée, statuant comme juridiction d'appel. Le bailleur étant décédé le 23 novembre 2010, ses héritiers ont repris l'instance. La locataire soutenait que son hospitalisation d'urgence du 15 juillet 2009, suivie d'une longue convalescence, constituait un cas de force majeure. Elle invoquait également sa bonne foi, plusieurs années d'exécution sans défaillance et le règlement intégral des sommes dues entre le 4 décembre 2009 et le 20 février 2010. Elle en déduisait que ces moyens faisaient naître une contestation sérieuse faisant obstacle à la compétence du juge des référés. Les héritiers soutenaient, à l'inverse, que seul le paiement de la totalité des sommes dans le délai d'un mois pouvait écarter la clause résolutoire, les paiements partiels étant inopérants. ## Question de droit La Cour de révision devait déterminer si, dans les circonstances de l'espèce, la clause résolutoire était acquise et si le juge des référés
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