jurisprudence · v1.0.0
Tribunal correctionnel, 6 juillet 2010, Ministère Public c/ F. B. M.C. F. en présence de V. D.
Résumé
# Tribunal Correctionnel de Monaco, 06 juillet 2010, n° 4496 > Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 06 juillet 2010, n° 4496 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-correctionnel/2010/07-06-4496)) ## Faits et procédure La banque ABN A., qui ne disposait pas de service juridique propre, avait conclu dès 2003 avec la SAM S. un « contrat d'abonnement » lui assurant une assistance juridique permanente et élargie en droit bancaire et financier, en droit fiscal et en droit du travail et social. Au cours de l'été 2003, à la suite d'un différend avec une cliente, Mme M. V. D., divorcée M., des documents relatifs à son compte bancaire ont été rassemblés par le directeur général de la banque (J. M.), puis transmis à la SAM S. par le directeur de l'établissement (G. F.) et le responsable du back-office (T. B.). La société a sollicité ces pièces pour se prononcer sur la réponse à apporter à une demande dont le conseil de la cliente brandissait déjà la menace d'une procédure de compulsoire. La procédure a connu plusieurs étapes. Une première plainte, déposée auprès du Procureur Général le 14 juin 2005 (la décision mentionne également le 15 juin 2005), est demeurée sans effet. Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 28 juillet 2006. Une ordonnance de non-lieu a été rendue le 4 juin 2008, puis réformée par la Cour d'appel le 18 novembre 2008. Par arrêt du 4 février 2010, la Chambre du conseil de la Cour d'appel, statuant comme juridiction d'instruction, a renvoyé cinq personnes devant le Tribunal correctionnel sous la qualification de violation du secret bancaire, en qualité d'auteurs ou de complices, sur le fondement de l'article L. 511-33 du Code monétaire et financier et des articles 42 et 308 du Code pénal. Le conseil de M. F. F., président délégué de la SAM S., soulevait en outre la nullité de ses auditions. L'intéressé avait été entendu sous serment en qualité de témoin avant d'être inculpé, ce qui, selon la défense, le contraignait à participer à sa propre incrimination en méconnaissance de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 14 § 3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. ## Question de droit Le Tribunal était appelé à trancher plusieurs questions : 1. La communication, par un établissement de crédit, d'informations couvertes par le secret professionnel à une société
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