jurisprudence · v1.0.0
Tribunal correctionnel, 14 novembre 2016, Le Ministère Public c/ c. DU. de la PA.
Résumé
# Tribunal Correctionnel de Monaco, 14 novembre 2016, n° 15503 > Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 14 novembre 2016, n° 15503 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-correctionnel/2016/11-14-15503)) ## Faits et procédure Le 18 mars 2016, à Monaco, un prévenu de nationalité française, présent à l'audience, a volontairement rayé la portière d'un véhicule automobile appartenant à un tiers. Il a ensuite repris le volant d'un autre véhicule, immatriculé en France, dans le parking du square Gastaud. Il est poursuivi pour deux infractions : des dégradations volontaires d'un véhicule, prévues par les articles 26 et 382 du Code pénal, et une conduite en état d'ivresse manifeste, prévue par les articles 26 et 391-13-1° du même code. Le prévenu n'a pas contesté les dégradations. Il les a attribuées à un état d'excitation lié à une consommation d'alcool antérieure. Il a en revanche contesté la seconde prévention. Il a relevé qu'il avait spontanément mentionné sa consommation d'alcool lors de son audition libre, alors même que la conduite n'avait fait l'objet d'aucune constatation objective. Les pièces du dossier mentionnent un examen de la vidéosurveillance du parking. Le tribunal relève que cet examen « ne permet pas de déterminer avec précision le comportement du prévenu ». La décision ne précise pas si des examens complémentaires, notamment un contrôle de l'alcoolémie, ont été effectués (non précisé dans la décision). La procédure a été engagée par citation signifiée par exploit d'huissier le 16 septembre 2016. Le jugement, rendu contradictoirement le 14 novembre 2016 sous le numéro de parquet 2016/000822, est signé par trois magistrats du siège, dont une vice-présidente, en présence du premier substitut du procureur général. ## Question de droit La question posée au tribunal était double. Premièrement, la preuve de l'état d'ivresse manifeste exigé par l'article 391-13-1° peut-elle être rapportée lorsque aucune constatation objective n'a été effectuée au moment où le prévenu a repris le volant, et que les éléments disponibles se réduisent à ses propres déclarations spontanées et à une vidéosurveillance peu exploitable ? Deuxièmement, l'absence d'information du prévenu sur son droit à ne pas contribuer à sa propre incrimination, lors de son audition libre, a-t-elle une incidence sur la solution ?
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