jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 16 mars 1995, S. c/ Société Loews Hôtel Monte-Carlo et SBM.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 mars 1995, n° 26355 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 mars 1995, n° 26355 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/1995/03-16-26355)) ## Faits et procédure Un joueur, K. S., a acquis des jetons de casino lors d'une partie de black-jack disputée dans les salles de jeux situées dans l'enceinte de l'hôtel exploité par la société Loews Hôtel Monte-Carlo. Ces jetons portaient la marque « SBM - Loews Monte-Carlo » et ne pouvaient être changés que dans l'enceinte du casino Loews. Le 10 juillet 1984, un préposé de la société Loews a refusé de changer 10 000 francs de jetons détenus par un tiers, L., pour le compte de S. La société a seulement délivré un récépissé de dépôt. Le 13 juillet 1984, en présence d'un huissier, le directeur financier de la société a également refusé le change des jetons en possession de S. S. a saisi le tribunal d'une demande tendant au paiement de 40 100 francs, correspondant à 30 100 francs de jetons et au récépissé de 10 000 francs, avec intérêts au taux de 12 % l'an à compter du 9 juillet 1984, et de 5 000 francs de dommages-intérêts. Par jugement du 3 novembre 1988, le tribunal a rejeté l'exception d'irrecevabilité soulevée par la société Loews, qui soutenait ne pas être propriétaire du casino ni exploitante des salles de jeux. Cette société a interjeté appel. La Société des bains de mer et du cercle des étrangers à Monaco (SBM), concessionnaire du monopole des jeux, est intervenue volontairement en appel. Par arrêt du 25 juin 1991, la cour a reçu cette intervention, confirmé le jugement et déclaré l'arrêt et l'instance communs à la SBM et à la société Loews. Les parties ont été renvoyées à conclure au fond devant le tribunal. Devant le tribunal, la SBM a contesté la valeur probante des pièces produites et a fait état d'une suspicion légitime à l'égard de S., qui aurait pratiqué le comptage des cartes et refusé de justifier de son identité. La société Loews a soutenu que la SBM s'était substituée à elle et demandé sa mise hors de cause. S. a maintenu ses demandes à l'encontre de la seule société Loews. ## Question de droit La décision soulève deux interrogations. La première porte sur la responsabilité d'un hôtelier qui abrite une salle de jeux sans être titulaire du monopole. Le tribunal devait déterminer si cet exploitant apparent peut être tenu de rembourser des jetons de jeu détenus par un joueur, alors que le monopole appartient à un tiers. La seconde concerne l'effet procédural de l'intervention de la SBM et des conclusions qu'elle a prises. Il s'agissait de savoir si cette intervention permettait de mettre hors de cause la société Loews, ou si la demande devait être examinée à l'égard de la seule SBM. Le tribunal devait également apprécier la licéité du comptage de cartes, invoquée par la SBM pour contester la créance. ## Solution et dispositif Le tribunal retient la responsabilité de la société Loews sur le fondement de l'apparence. Il relève que la société « abrite dans ses locaux les salles et activités de jeux et met en circulation des jetons portant la marque SBM-Loews Monte-Carlo, lesquels doivent être changés dans l'
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