jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 13 avril 2000, S. c/ Yacht Club de Monaco
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 avril 2000, n° 26814 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 avril 2000, n° 26814 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2000/04-13-26814)) ## Faits et procédure P. S., engagé en septembre 1991 en qualité de moniteur de voile par le Yacht Club de Monaco (YCM), a été victime le 1er juillet 1995 d'un accident du travail (traumatisme crânien avec fractures et diverses séquelles). Il n'a été autorisé à reprendre son activité que le 2 septembre 1996, après quatorze mois d'arrêt. Le 14 octobre 1996, il a présenté un malaise (crise d'épilepsie) ayant entraîné un arrêt de travail jusqu'au 15 novembre 1996. Examiné le 15 octobre 1996 par l'Office de la médecine du travail, il a fait l'objet d'une fiche d'aptitude le déclarant « inapte à tous travails (sic) comportant le transport de personnes (véhicule auto ou bateaux) (ou) nécessitant l'utilisation d'outils manuportés dangereux ». Le médecin du travail a confirmé à l'employeur, par lettre du 16 octobre 1996, qu'il était désormais interdit au salarié d'assurer le transport de personnes, de manier des outils manuportés dangereux ou de travailler en hauteur. Après avoir consulté l'Inspection du travail, qui lui a indiqué qu'il pouvait procéder au licenciement, le YCM a licencié P. S. par lettre du 4 décembre 1996. Saisi de diverses demandes (indemnités de congédiement, de licenciement et de préavis, dommages-intérêts, heures supplémentaires, treizième mois, jours non récupérés, article 700), le Tribunal du travail, par jugement du 26 mars 1998, a jugé la rupture fondée sur un motif valable et débouté le salarié de l'ensemble de ses prétentions. P. S. a interjeté appel. Il soutenait que le motif d'inaptitude n'était pas justifié, son embauche ayant porté sur des fonctions ne comprenant pas le transport de personnes, et produisait des certificats d'aptitude délivrés en décembre 1997 puis en février 1999 à l'occasion d'embauches à Cagnes-sur-Mer. Le YCM concluait à la confirmation et sollicitait 7 000 francs de dommages-intérêts pour appel abusif. ## Question de droit La juridiction d'appel était saisie de deux questions. La première portait sur le fond de la rupture : une inaptitude médicale affectant seulement certaines tâches attachées à l'emploi, sans empêcher l'exercice de l'activité dans son ensemble, constitue-t-elle un motif valable de licenciement, et la rupture a-t-elle été mise en œuvre sans abus ? La seconde concernait le bien-fondé des créances accessoires, notamment le treizième mois dont l'employeur contestait le versement. ## Solution et dispositif Sur le premier point, le tribunal retient que l'état de santé du salarié ne lui permettait plus, à la date du 16 octobre 1996, de poursuivre son travail sans risque pour lui-même ou pour autrui. Il relève que les activités interdites, transport de personnes par mer ou par terre et utilisation d'outils dangereux, étaient « effectivement exercées » par le salarié au service du YCM et devaient « dès lors être considérées com
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