jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 25 mai 2000, M. c/ Caisses sociales de Monaco
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 mai 2000, n° 26816 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 mai 2000, n° 26816 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2000/05-25-26816)) ## Faits et procédure Un agent des Caisses sociales de Monaco, embauché en 1986, a occupé successivement plusieurs postes : liquidateur-décompteur, agent au guichet d'accueil, puis, à compter du 11 juillet 1994, agent technique au Service des prestations familiales à la suite d'un concours interne. Ce dernier poste a donné lieu à une période probatoire de six mois. Le chef de service, Mme B., a émis le 20 avril 1995 un avis défavorable à la confirmation du salarié. Par lettre recommandée du 22 mai 1995, l'employeur a notifié un licenciement « pour insuffisance professionnelle ». La lettre rappelait deux avertissements antérieurs, prononcés en 1990 et en 1994, ainsi que plusieurs rapports écrits. La procédure s'est déroulée en trois temps : - **Requête du 6 février 1996** : le salarié a saisi le Tribunal du travail aux fins de réintégration ou, subsidiairement, de 200 000 francs de dommages-intérêts pour licenciement abusif. - **Jugement du 19 juin 1997** : le Tribunal du travail a débouté le salarié de l'intégralité de ses demandes. - **Appel** : le salarié a interjeté appel le 19 décembre 1997 et demandé l'annulation du licenciement, sa réintégration ou, à titre subsidiaire, des dommages-intérêts. Il soutenait que le licenciement avait en réalité pour cause son refus de démissionner, que l'employeur avait détourné la procédure disciplinaire en invoquant l'insuffisance professionnelle afin d'éluder le principe de gradation des sanctions et la procédure spéciale prévue par la convention collective (intitulé non précisé dans la décision), et que les premiers juges ne pouvaient statuer sur une simple « impression ». Par jugement avant dire droit du 4 février 1999, le Tribunal de première instance a rejeté l'exception de forclusion soulevée par les Caisses sociales et déclaré l'appel recevable. Statuant au fond, il confirme le jugement de première instance. ## Question de droit La décision soulève plusieurs questions, dont trois structurent le raisonnement. **En premier lieu**, il s'agit de savoir quelle valeur probante reconnaître aux rapports internes rédigés par les supérieurs hiérarchiques du salarié, dès lors que l'employeur entend s'en prévaloir pour établir l'insuffisance professionnelle. **En deuxième lieu**, le juge doit déterminer si l'employeur pouvait fonder le licenciement sur l'insuffisance professionnelle sans mettre en œuvre la procédure disciplinaire, alors que le salarié avait fait l'objet d'avertissements antérieurs et que la lettre de licenciement en faisait état. **En troisième lieu**, la question porte sur le caractère abusif du licenciement, notamment au regard de l'absence de réaffectation du salarié au service d'accueil et de l'absence de reclassement dans un autre service. ## Solution et dispositif ### Sur la preuve de l'insuffisance professionnelle Le tribunal rappelle d'abord que les textes applicables, la loi
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