jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 8 février 2001, Consorts J. c/ Éditions du Rocher
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 08 février 2001, n° 26969 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 08 février 2001, n° 26969 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2001/02-08-26969)) ## Faits et procédure Deux époux auteurs, C. J. et F. J., ainsi que C. J. seul, avaient cédé à la société anonyme monégasque Les Éditions du Rocher, par une série de contrats conclus entre 1979 et 1995, le droit exclusif d'imprimer, publier et reproduire leurs œuvres. Certains contrats étaient conclus à Paris, d'autres à Monaco. Les éditeurs de la société avaient également concédé des droits à des éditeurs étrangers, parfois par l'intermédiaire d'une agence de création littéraire. Par exploits signifiés le 15 décembre 1998, deux instances distinctes (nos 324 et 325 de l'année 1998-1999) furent introduites. Les demandeurs reprochaient à l'éditeur de ne pas avoir rendu de comptes ni payé les droits dus depuis 1996, en dépit de mises en demeure. Ils sollicitaient la résiliation des contrats principaux et accessoires, des sommes d'argent, la transmission de relevés, l'annulation du « droit de passe » et des dommages-intérêts pour diffamation, « affirmations calomnieuses » et résistance abusive. La société défenderesse soutenait que les retards étaient imputables aux auteurs eux-mêmes, qui, installés hors de France, avaient changé plusieurs fois d'adresse et de mandataires. Elle formait une demande reconventionnelle en réparation de son préjudice social et commercial. Le Tribunal ordonna la jonction des deux instances, les faits et les moyens étant identiques et les pièces communes (motifs). Un jugement qui n'a pas été frappé d'appel effectif est devenu définitif, un arrêt de radiation ayant été rendu le 19 mars 2002. ## Question de droit La décision soulève plusieurs questions, dont cinq intéressent principalement le droit des contrats d'édition : 1. **Le droit applicable** : les parties peuvent-elles soumettre contractuellement leurs conventions au droit français de la propriété intellectuelle, alors que ce code est postérieur à certains contrats ? 2. **La reddition des comptes** : quelle est l'étendue de l'obligation de l'éditeur de justifier ses arrêtés de compte, et quelle sanction le juge peut-il prononcer ? 3. **La résiliation** : l'inexécution de l'obligation de payer les redevances justifie-t-elle la résolution du contrat, et quelle est alors l'étendue temporelle de cette résolution ? 4. **Le « droit de passe »** : une clause déduisant 10 % des exemplaires vendus de l'assiette des droits d'auteur est-elle licite ? 5. **Les dommages-intérêts** : quels préjudices sont indemnisables, et l'éditeur répond-il des propos tenus par ses dirigeants ? ## Solution et dispositif ### Sur le droit applicable Le Tribunal relève que les conventions successives, « qui forment un tout », ont été soumises par les parties à l'application
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- 2026-11-07
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