jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 27 mai 2004, N. c/ SCI Les Sansonnets
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 27 mai 2004, n° 27118 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 27 mai 2004, n° 27118 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2004/05-27-27118)) ## Faits et procédure Un ancien locataire, de nationalité américaine et domicilié dans l'État d'Arizona, a assigné une société civile immobilière monégasque, Les Sansonnets, par exploit du 21 février 2002. Il contestait le relevé de comptes établi par la société après son départ des locaux loués et réclamait le paiement de 53 532 francs, soit 8 160,90 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 31 octobre 1999, ainsi que 3 049 euros de dommages-intérêts. La défenderesse a soulevé, *in limine litis* et avant toute défense au fond, l'exception dite de *cautio judicatum solvi*. Elle sollicitait la condamnation du demandeur à fournir une caution de 8 000 euros, destinée à garantir ses droits au titre d'une demande reconventionnelle. Le demandeur a opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'article 260, 4°, du Code de procédure civile, selon lequel la caution ne peut être exigée lorsque l'étranger appartient à un pays dont les lois en dispensent les sujets monégasques. Il a produit un affidavit daté du 9 mars 2004, établi par un avocat exerçant dans l'État d'Arizona, puis un second affidavit émanant du même praticien, en réponse aux objections de la défenderesse. Cette dernière contestait d'abord que le premier document constituât un original, et soutenait ensuite que la dispense devait être établie au regard du droit fédéral américain et non du seul droit de l'État d'Arizona. Le tribunal, statuant contradictoirement, a rejeté l'exception. ## Question de droit La question posée était de savoir si un demandeur étranger, résidant hors de Monaco, peut être dispensé de fournir la caution judicatum solvi lorsque la preuve est rapportée que la législation de son lieu de résidence ne soumet aucun plaideur étranger à cette obligation. Plus précisément, la juridiction devait déterminer : - si la dispense de l'article 260, 4°, pouvait être appréciée au niveau d'une entité fédérée, en l'espèce l'État d'Arizona, plutôt qu'au niveau de l'État fédéral ; - quelle valeur probatoire attribuer à un affidavit d'avocat étranger pour établir le contenu de la loi étrangère ; - si l'exception soulevée par le défendeur, qui devait être présentée avant toute défense au fond, était fondée. ## Solution et dispositif Le tribunal retient que la caution ne peut être exigée. Il relève que la nationalité américaine et la résidence en Arizona ne sont pas contestées. Il se fonde ensuite sur l'affidavit du 9 mars 2004, dont il apprécie les « garanties suffisantes d'authenticité et de sérieux » tenant à son établissement sur l'en-tête de l'avocat et à sa signature. Il en déduit que « l'accès aux tribunaux est libre pour tout plaideur étranger désireux d'introduire une action dans l'État d'Arizona ». Le dispositif est ainsi rédigé : > « Déboute la société civile immobilière Les Sansonnets des fins de son exception de caution judiciaire ; > La renvoie à conclure au fond à l'audience du mercredi 16 juin 2004 à 9 heures. » Les dépens sont mis à la charge de la défenderesse, qui succombe, sur le fondement de l'article 231 du Code de procédure civile. ## Portée et enseignement pratique **1. Une dispense appréciée au regard de la loi du lieu de résidence.** La décision confirme que l'article 260, 4°, joue dès lors que la législation du pays
Intégrité de la publication
- Hash SHA-256
- 1e3f4e7857c8217a95cf0effecf4bc8fd55ac8bbae41fd0f21173ebc106ddc7c
- Version
- 1.0.0
- Algorithme
- SHA-256 (contenu de la publication)
- Hashé le
- 2026-11-07
Ce hash permet aux LLM (Claude, GPT, Gemini, Perplexity) de vérifier qu'ils citent la version EXACTE de cette publication. Empreinte SHA-256 du contenu intégral de la publication.