jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 7 avril 2005, HSBC Republic Bank SA c/ Société Bluewater Pension Limited et Mme V. née B.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 avril 2005, n° 27171 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 avril 2005, n° 27171 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2005/04-07-27171)) ## Faits et procédure La société HSBC Republic Bank, désignée dans le texte comme « HSBC Republic Bank (France) SA », a fait citer, par acte du 8 mai 2000, la société de droit des îles Vierges Britanniques Bluewater Pension Limited et Mme A. V., née B., en qualité de caution. Elle réclamait le paiement d'un solde débiteur de 3 440 953,65 francs, ainsi que la condamnation de la caution à hauteur de la contre-valeur de 375 000 francs suisses nantis, et sollicitait une autorisation d'appréhender les soldes créditeurs nantis. Elle demandait en outre 100 000 francs de dommages-intérêts pour résistance abusive. Mme V. a comparu. Elle a soutenu n'avoir pas conscience, lors de la signature des documents le 26 juin 1998, qu'il s'agissait d'un cautionnement et d'un nantissement. Elle a déposé plainte avec constitution de partie civile, le 26 avril 2001, pour faux, usage de faux, escroquerie et tentative d'escroquerie à l'encontre de K. B., directeur de la banque, et a sollicité un sursis à statuer. Par jugement réputé contradictoire du 11 juillet 2002, le tribunal a ordonné le sursis à statuer jusqu'à décision pénale définitive. La procédure pénale s'est achevée par une ordonnance de non-lieu du 4 mars 2003, confirmée par la chambre du conseil de la Cour d'appel le 11 avril 2003. La cause, radiée du rôle général, a été rétablie à la demande de la banque en janvier 2004. Dans le cadre de la reprise de l'instance, la banque a formé un incident de production forcée de pièces, fondé sur les articles 274 et suivants du Code de procédure civile. Elle demandait la production de la plainte, des procès-verbaux d'audition, de l'ordonnance de non-lieu et de l'arrêt confirmatif, sous astreinte et avec dommages-intérêts complémentaires. Mme V. s'est opposée à cette production, en soutenant que la banque était un tiers à la procédure pénale et qu'il n'existait aucun lien entre les deux procédures. Elle a subsidiairement sollicité une expertise. La société Bluewater a déclaré s'associer à ses écritures. ## Question de droit La question posée au tribunal était la suivante : le juge civil peut-il ordonner à une partie de produire les pièces d'une procédure pénale, alors que l'article 177 du Code de procédure civile reconnaît aux parties le libre choix des pièces qu'elles entendent utiliser à l'appui de leurs prétentions ? Il s'agissait, plus précisément, de déterminer si la partie qui a déclenché une procédure pénale et obtenu un sursis à statuer fondé sur celle-ci peut ensuite invoquer la liberté de production pour refuser de communi
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