jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 18 janvier 2007, S. c/ B.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 18 janvier 2007, n° 27281 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 18 janvier 2007, n° 27281 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2007/01-18-27281)) ## Faits et procédure Le litige oppose H. S., employeur présumé, à V. B., qui revendique la qualité d'assistante personnelle. L'intitulé « S. c/ B. » ne figure pas dans le texte de la décision, qui désigne les parties par les initiales H. S. et V. B. (non précisé dans la décision : le détail de l'intitulé officiel de la procédure). Le 13 mai 2005, H. S. a signé à Monaco un document, intitulé « lettre d'intention d'embauche », qu'il a transmis par télécopie à V. B. le 14 mai 2005. Ce document prévoyait l'embauche de l'intéressée en qualité d'assistante personnelle, avec indication de la nature du contrat, d'une période d'essai de quatre semaines, d'un salaire mensuel de 2 500 euros et d'une entrée en fonction fixée au 23 mai 2005. V. B. soutenait avoir rédigé le projet de ce texte à la demande de H. S. H. S. a ensuite loué une suite à l'hôtel Fairmont Monte Carlo, par bail du 9 mai 2005, puis résilié ce bail après avoir découvert une sous-location non autorisée. Il a quitté la Principauté sans donner suite à sa demande de titre de séjour, selon les constatations du texte. Par jugement du 18 mai 2006, le Tribunal du travail a rejeté l'exception d'incompétence, qualifié le document de promesse d'embauche, imputé sa non-réalisation à H. S. et condamné celui-ci à verser 10 000 euros à V. B. à titre de dommages et intérêts, ainsi qu'aux dépens. H. S. a relevé appel le 16 juin 2006 et demandé l'infirmation totale du jugement, un déclinatoire de compétence et, subsidiairement, le rejet de toutes les demandes. V. B. a formé un appel incident, réclamant 40 968 euros au titre du manque à gagner, à parfaire, et 10 625 euros au titre du préjudice moral. ## Question de droit La décision soulève quatre questions successives. 1. **La compétence.** Le Tribunal du travail peut-il connaître d'un litige né de la non-exécution d'une promesse d'embauche, alors qu'aucun contrat de travail n'a été formé ? 2. **La qualification.** Le document du 13 mai 2005 constitue-t-il une promesse d'embauche ferme, ou une simple lettre d'intention soumise à une condition suspensive tenant à l'obtention des autorisations administratives ? 3. **La responsabilité.** La non-réalisation de l'embauche engage-t-elle la responsabilité de l'offrant, et la cause invoquée par celui-ci (départ de la Principauté) constitue-t-elle une justification ? 4. **Le préjudice.** Quels chefs de préjudice sont indemnisables, et selon quelle évaluation ? ## Solution et dispositif **Sur la compétence.** Le Tribunal rappelle que le Tribunal du travail statue, conformément à l'article 1er de la loi n° 446 du 16 mai 1946, sur les différends nés à l'occasion du contrat de louage de services entre employeurs et salariés. Il en déduit une compétence double : d'une part, apprécier au préalable l'existence d'un contrat de travail ; d'autre part, connaître des litiges relatifs à la phase précontractuelle, « quand bien même aucun contrat de travail n'aurait encore été formé ». Le
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