jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 6 mars 2008, G. A. c/ la Société Générale Bank & Trust (Monaco)
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 06 mars 2008, n° 8258 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 06 mars 2008, n° 8258 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2008/03-06-8258)) ## Faits et procédure Par acte d'huissier du 1er décembre 2005, G. A. a assigné la SAM Société Générale Bank & Trust devant le Tribunal de première instance. Il demandait la condamnation de la banque au paiement de 156 578,91 euros en réparation d'un préjudice financier, de 50 000 euros au titre du préjudice moral et de 10 000 euros pour résistance abusive. Il reprochait à la banque d'avoir méconnu le mandat de gestion conclu le 24 janvier 2000, de ne pas avoir respecté son profil d'investissement, de s'être soustraite à son obligation d'information, puis d'avoir, après la résiliation du mandat, réalisé des opérations sans son accord et transféré des titres vers un compte dont il ignorait l'existence. La banque contestait tout manquement. Elle soutenait que le client avait ouvert un compte n° 544351 le 4 février 2000, puis, à la suite de la résiliation du mandat par lettre du 21 janvier 2001, un second compte n° 537127 au moyen d'une convention datée du 14 mai 2001. Elle produisait cette convention sous le numéro 19 pour établir le consentement du client à cette seconde ouverture. Par déclaration faite au greffe général le 12 octobre 2006, G. A. s'est inscrit en faux contre le document intitulé « convention de compte », établi à l'en-tête de la banque et daté du 14 mai 2001. Il soutenait n'avoir jamais signé cet acte, qu'il présentait comme une photocopie de la convention initiale ensuite altérée. La banque contestait l'existence d'un faux et sollicitait à son tour des dommages-intérêts pour procédure abusive. Le ministère public a conclu à l'instruction de l'incident selon les articles 279 à 286 du Code de procédure civile. L'affaire a été mise en délibéré à l'issue de l'audience du 7 janvier 2008. Le tribunal ne statue ici que sur l'incident de faux. Le fond du litige est renvoyé à l'audience du 3 avril 2008 pour les conclusions au fond de G. A. ## Question de droit La décision soulève deux questions principales. En premier lieu, il s'agit de déterminer si l'inscription de faux prévue par l'article 290 du Code de procédure civile peut porter sur une pièce produite en photocopie, et à quelles conditions un document est susceptible d'être argué de faux. Le tribunal retient que cette voie s'applique à « tout document établi pour servir de preuve au cours d'une instance civile, même sous la forme d'une photocopie, lorsque le document ainsi versé aux débats est de nature à avoir une valeur probatoire et à entraîner des effets juridiques ». En second lieu, se pose la question de savoir si la qualification de faux peut être écartée au motif que les mentions litigieuses seraient conformes à la réalité, ou que le client aur
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