jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 31 mai 2012, s. PI. c/ La LLOYDS TSB BANK PLC
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 31 mai 2012, n° 8843 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 31 mai 2012, n° 8843 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2012/05-31-8843)) ## Faits et procédure Engagé par la succursale monégasque de la LLOYDS TSB BANK PLC à compter du 6 septembre 2004 sous contrat à durée déterminée, puis sous contrat à durée indéterminée à compter du 5 mars 2005, en qualité de « relationship manager », un salarié a été licencié par lettre remise en mains propres le 20 avril 2006, sur le fondement de l'article 6 de la loi n° 729 du 16 mars 1963. Il a dispensé d'effectuer son préavis. Le contrat de travail faisait référence à la convention collective du travail du personnel des banques du 1er juillet 1975. Le salarié a saisi le tribunal du travail, qui, par jugement du 26 novembre 2009, a rejeté ses demandes indemnitaires et débouté la banque de sa demande reconventionnelle de dommages-intérêts pour procédure abusive. Le salarié a interjeté appel le 21 décembre 2009. La banque a formé appel incident. Devant le Tribunal de Première Instance, statuant comme juridiction d'appel du tribunal du travail, le salarié sollicitait, à titre principal, la reconnaissance d'un licenciement sans motif valable et abusif en raison de la méconnaissance de la convention collective, et le paiement d'un bonus de 30 000 euros au titre de l'année 2005. Il réclamait, « toutes causes de préjudices confondues », la somme de 317 498 euros. La banque opposait notamment une fin de non-recevoir fondée sur le caractère prétendument majoré de cette demande, et soutenait que la faculté de rupture sans motif était d'ordre public. ## Question de droit La décision pose plusieurs questions, dont deux présentent un intérêt doctrinal majeur. La première porte sur l'articulation entre la faculté légale de rompre unilatéralement un contrat à durée indéterminée (article 6 de la loi n° 729) et les dispositions de la convention collective qui limitent les motifs de licenciement. Il s'agissait de déterminer si la méconnaissance de cette limitation conventionnelle fait du licenciement, lorsqu'il est intervenu sans motif, une rupture dépourvue de cause ou seulement une rupture abusive dans sa mise en œuvre. La seconde question concerne la qualification du bonus : gratification discrétionnaire, ou élément dû en vertu du contrat, et, dans cette seconde hypothèse, son exigibilité. Accessoirement, le tribunal devait statuer sur la recevabilité de la demande indemnitaire en appel, au regard de l'article 42 de la loi n° 446 du 16 mai 1946, ainsi que sur la demande reconventionnelle de la banque pour procédure et appel abusifs. ## Solution et dispositif **Sur la recevabilité.** Le tribunal écarte l'exception d'irrecevabilité. Il retient que l'article 42 de la loi n° 446 permet au demandeur de modifier ou d'augmenter sa demande devant le bureau de conciliation, et qu'un raisonnement *a contrario* en exclut la possibilité devant le bureau de jugement, qui ne peut connaître que des demandes soumises préal
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