jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 30 janvier 2014, SAM U c/ SA E
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 30 janvier 2014, n° 11806 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 30 janvier 2014, n° 11806 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2014/01-30-11806)) ## Faits et procédure Dans le cadre de la construction du Lycée T par l'État de Monaco, les entrepreneurs attributaires des lots ont mis en place un « compte prorata » destiné à faire l'avance des dépenses d'intérêt commun du chantier (éclairage, eau, enlèvement de gravats, mesures de sécurité, voirie, etc.). Prévu par le Cahier des prescriptions spéciales (CPS), ce compte était géré par la SAM U, titulaire du lot « gros œuvre », les dépenses étant réparties entre les entrepreneurs au prorata du montant de leurs travaux. En qualité de gestionnaire, la SAM U a réclamé à la SA E, titulaire du lot 13 B, la somme de 10.518,55 euros selon un décompte arrêté au 30 janvier 2013, puis l'a mise en demeure par lettre recommandée du 5 février 2013. La SA E, contestant le taux d'approvisionnement applicable, n'a pas réglé. Par exploit du 27 mars 2013, la SAM U a fait pratiquer une saisie-arrêt entre les mains de l'État de Monaco (service des travaux publics), autorisée par ordonnance du 21 mars 2013, et a assigné l'État et la SA E devant le tribunal de première instance. Le 10 avril 2013, la gestionnaire a établi un compte de clôture fixant la quote-part définitive due par la SA E. Cette dernière a réglé la somme de 10.290,49 euros, la décision retenant une réception du chèque le 18 juillet 2013 (la date de « règlement » du 16 juillet 2013 figurant dans l'exposé des prétentions de la défenderesse). La SAM U sollicitait la validation de la saisie, les intérêts au taux légal depuis la mise en demeure et 4.000 euros de dommages et intérêts pour résistance abusive. La SA E demandait reconnaissance de son paiement, rejet des autres demandes et 2.500 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive. ## Question de droit Le litige posait deux questions principales : 1. Le gestionnaire d'un compte prorata peut-il réclamer aux entrepreneurs le paiement d'appels de fonds provisionnels avant l'établissement du compte de clôture, et l'existence d'une contestation sur le taux d'approvisionnement justifie-t-elle le refus de paiement ? 2. Le retard de paiement, une fois la dette définitivement fixée, ouvre-t-il droit aux intérêts au taux légal et à la réparation d'un préjudice distinct, au titre de la résistance abusive du débiteur ? ## Solution et dispositif Le tribunal retient, en premier lieu, que la contestation élevée par la SA E, formulée par courrier du 16 novembre 2012, ne portait que sur le taux applicable à l'une des trois factures (1.632,61 euros), la défenderesse invoquant un taux de participation de 2,60 % au lieu de 2,69 %. Or ce taux avait été régulièrement fixé par le comité de gestion du compte prorata, sur la base du bilan arrêté au 31 août 2012 et des prévisions de dépenses. Le jugement relève ensuite
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