jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 13 mars 2014, La Société Anonyme E c/ M. S.UR , Mme R.TO épouse UR. et M. J.SH.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 mars 2014, n° 11969 > **Décision commentée :** Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 mars 2014, n° 11969 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2014/03-13-11969)) ## Faits et procédure Par acte notarié du 2 octobre 2006, réitéré le 20 mars 2007, la SCS V a acquis un fonds de commerce pour 535 000 euros, au moyen d'un prêt de 453 000 euros consenti par la SA E, avec intérêts à 5,27 % l'an. Pour garantir ce prêt, la banque a fait souscrire, le 16 mars 2007, un cautionnement personnel et solidaire par M. UR à hauteur de 520 950 euros, puis, le 19 mars 2007, un cautionnement « dans les mêmes termes » par M. SH. Parallèlement, M. SH avait consenti à la SCS un prêt de 400 000 euros en contrepartie de 20 parts sociales, par actes notariés du 31 mai 2007. La société a été placée en état de cessation des paiements par jugement du 21 septembre 2010. La SA E a déclaré sa créance et mis les cautions en demeure le 8 octobre 2010. Par assignation du 7 février 2013, la banque a sollicité la condamnation solidaire de M. UR et de M. SH au paiement de 333 725,85 euros, assortie de 20 000 euros de dommages et intérêts pour résistance abusive. Les époux UR ont conclu au débouté, en invoquant la disproportion de l'engagement (article L. 341-1 du code de la consommation), un manquement au devoir de conseil et au devoir de mise en garde, ainsi que, subsidiairement, une contestation du décompte et la déchéance du droit aux intérêts (article L. 313-22 du code monétaire et financier). M. SH a soulevé la nullité de son cautionnement pour erreur sur le consentement, au motif qu'il ne parle ni n'écrit le français, et a sollicité à titre subsidiaire la déchéance des intérêts conventionnels. ## Question de droit Le tribunal devait trancher deux questions distinctes, relatives à deux cautionnements souscrits à quelques jours d'intervalle : 1. Le créancier professionnel peut-il se prévaloir du cautionnement d'une personne physique dont l'engagement était manifestement disproportionné à ses biens et revenus lors de sa conclusion (article L. 341-4 du code de la consommation) ? 2. Un cautionnement souscrit par une personne ne maîtrisant pas la langue française, sans assistance effective lors de sa conclusion, est-il entaché d'une erreur sur le consentement susceptible d'entraîner sa nullité (article 1109
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