jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 20 mars 2014, La SA H c/ La SARL D et M. j-f KO
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 mars 2014, n° 11985 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 mars 2014, n° 11985 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2014/03-20-11985)) ## Faits et procédure La SA H, établissement bancaire, a ouvert en septembre 2009 un compte à vue professionnel au profit de la SARL D, société constituée le 18 septembre 2009 et dont M. j-f KO était gérant. Le 6 janvier 2011, la banque a consenti à la SARL D un prêt de 45 345 euros remboursable en 36 mensualités de 1 345,50 euros, destiné au « financement d'un programme d'investissement suivant les indications et justificatifs communiqués préalablement à la Banque ». M. KO s'est porté caution solidaire, le 13 janvier 2011, à hauteur de 50 000 euros pour l'ensemble des engagements de la société, et, au titre du prêt, à hauteur de 52 146 euros. Par lettres recommandées des 19 décembre 2011 et 7 mars 2012, la banque a prononcé la clôture des comptes professionnels et l'exigibilité anticipée du prêt. La SARL D a fait l'objet d'un jugement de cessation des paiements, dont la date est diversement rapportée dans la décision (14 février 2013 dans l'intitulé, 22 février 2013 dans l'exposé de la demanderesse ; la décision relève d'ailleurs que ce jugement n'a pas été produit). La banque a assigné la société et la caution le 18 février 2013. La banque demandait la condamnation solidaire des défendeurs au paiement de 103 836,21 euros au titre du solde débiteur du compte, de 35 977,24 euros au titre du prêt et de 2 000 euros à titre de dommages-intérêts. Elle ne maintenait plus de demandes contre la SARL D en raison de la cessation des paiements. M. KO, caution, formait une demande reconventionnelle fondée sur un « soutien abusif » qu'il imputait à la banque, à hauteur de 50 411,67 euros, réduite à 50 000 euros du fait du cantonnement de son engagement. ## Question de droit La décision soulève trois questions. La première porte sur la responsabilité de l'établissement de crédit : dans quelles conditions l'octroi d'un prêt à une société en difficulté engage-t-il la responsabilité de la banque pour soutien abusif, et la caution peut-elle en faire état pour résister au paiement ? La deuxième concerne la détermination de la créance de la banque à l'encontre de la caution, en particulier l'échéance à retenir pour fixer le capital restant dû sur le prêt. La troisième, accessoire, concerne le bien-fondé de la demande de dommages-intérêts formée par la banque, sur le fondement de l'article 234 du Code de procédure civile et de l'article 1229 du Code civil. ## Solution et dispositif Le tribunal rejette la demande reconventionnelle de la caution. Il retient que la responsabilité pour soutien abusif suppose la démonstration de l'une des trois hypothèses énoncées dans le jugement : une faute de l'établissement
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