jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 8 mai 2014, Madame b. c. Z c/ Monsieur e. D et la SARL B
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 08 mai 2014, n° 12172 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 08 mai 2014, n° 12172 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2014/05-08-12172)) ## Faits et procédure Deux personnes, Mme b. c. Z et M. e. D, anciens concubins, sont associées à égalité de la SARL B, société de droit monégasque ayant pour objet l'assistance de personnes âgées et dépendantes. Le gérant, M. D, détient la moitié des parts. Par assignation du 25 juillet 2012, Mme Z a saisi le Tribunal de première instance. Elle sollicitait à titre principal la désignation d'un administrateur, à titre subsidiaire la dissolution de la société avec désignation d'un liquidateur et d'un expert, et, en tout état de cause, 5.000 € de dommages et intérêts contre M. D. Elle invoquait la paralysie du fonctionnement social causée par le désaccord des associés, l'absence d'approbation des comptes, des prélèvements qu'elle estimait injustifiés sur les comptes courants d'associés, ainsi que des difficultés d'accès à l'information comptable. M. D et la SARL B ont conclu au rejet de l'ensemble des demandes. Ils ont formé des demandes reconventionnelles : approbation des comptes 2010 et 2011, distribution des bénéfices, constat d'une vente des parts de Mme Z à un prix à dire d'expert, dommages et intérêts pour abus de droit, et restitution de documents sociaux. La société a également invoqué l'agrément administratif obtenu par le gérant et le caractère bénéficiaire des exercices. L'affaire a été plaidée le 20 février 2014. Le jugement, mis en délibéré au 10 avril 2014, a été prorogé au 8 mai 2014. Il a été rendu en premier ressort et de manière contradictoire. ## Question de droit La juridiction devait déterminer si les conditions de désignation d'un administrateur provisoire dans une société à responsabilité limitée étaient réunies. Elle devait, pour cela, apprécier si un conflit entre associés conduisait à une paralysie du fonctionnement social et à une mise en péril des intérêts sociaux, alors même que l'activité était poursuivie et que les résultats demeuraient bénéficiaires. Le tribunal devait ensuite statuer sur les demandes reconventionnelles, notamment sur l'existence d'un abus de droit dans le refus d'approbation des comptes et sur la validité alléguée d'une cession de parts. ## Solution et dispositif Le tribunal rappelle en principe que « seules des circonstances exceptionnelles telles que la paralysie du fonctionnement de la société et la mise en péril des intérêts sociaux, peuvent justifier la désignation d'un administrateur provisoire ». Le standard est donc double : une paralysie du fonctionnement et une mise en péril des intérêts sociaux. **Application.** Le tribunal écarte d'abord l'argument tiré de la continuité de l'activité. Il relève que la société emploie une cinquantaine de salariés et assure toujours sa mission d'assistance. Cette continuité ne fait cependant pas obstacle à la caractérisation de la paralysie. Le tribunal considère que le mode de fonctionnement « familial » de la société, fondé sur des prélèvements sur comptes courants compensés par la distribution de bénéfices, « ne peut aujourd'hui plus perdurer dès lors que les associés ont des intérêts divergents ». Il retient ensuite que le refus d'approbation des comptes depuis l'exercice 2010 ne peut être imputé à la seule demanderesse. Il se fonde sur les extraits du grand livre pour 2010, qui
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