jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 10 juillet 2014, Société Anonyme de droit français U c/ M. P. MO
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 juillet 2014, n° 12433 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 juillet 2014, n° 12433 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2014/07-10-12433)) ## Faits et procédure Le 1er décembre 2011, M. P. MO. s'est porté caution solidaire et indivisible des engagements de la société anonyme monégasque P (ci-après « la société P ») envers la société anonyme de droit français U, à hauteur de 150 000 euros en principal, augmentés des intérêts, frais et accessoires. Ce cautionnement s'inscrivait dans une série d'engagements successifs (28 juillet 2009 pour 75 000 euros, 26 novembre 2010 pour 125 000 euros), chacun étant adossé à une constitution de gage souscrite par la débitrice principale au profit de la banque. Après une mise en demeure adressée à la société P le 13 mai 2013, la banque a notifié la clôture du compte courant de cette dernière par lettre du 31 juillet 2013, faisant alors apparaître un solde débiteur de 309 084,87 euros. Le 19 août 2013, la créancière a informé la caution de la réalisation du gage, ramenant la dette résiduelle à 159 367,48 euros, et l'a mise en demeure de régler 150 000 euros, outre intérêts. Par ordonnance du 10 septembre 2013, le président du tribunal de première instance a autorisé une saisie-arrêt, pratiquée le 18 septembre 2013 entre les mains de trois établissements bancaires, pour sûreté d'une créance provisoirement évaluée à 150 000 euros. La société U a assigné M. MO. en validité de ces saisies et en paiement. Le jugement a été mis en délibéré au 26 juin 2014, puis prorogé au 10 juillet 2014. La demanderesse sollicitait la validation des saisies, la condamnation au principal de 150 000 euros, augmenté de 4 017,10 euros d'intérêts arrêtés au 11 mars 2014, le rejet de la demande de délais, et 20 000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive. Le défendeur offrait, pour sa part, de payer 150 000 euros en trois échéances (31 mars, 30 juin et 31 août 2014) et invoquait l'article 1086 du Code civil ainsi que l'article 1099 du même code. ## Question de droit La décision soulève principalement trois questions, que le tribunal résout successivement : 1. Le caution, qui reconnaît le principe de son engagement, peut-elle obtenir la réduction des intérêts dus sur la dette cautionnée, au motif que ces intérêts relèveraient d'une clause pénale susceptible de modération en application de l'article 1086 du Code civil ? 2. Dans quelles conditions le juge peut-il, en application de l'article 1099 du Code civil, accorder au débiteur des délais modérés de paiement ? 3. La résistance du débiteur à l'exécution de son obligation ouvre-t-elle droit à des dommages-intérêts au sens de l'article 234 du Code de procédure civile, combiné à l'article 1229 du Code civil ? S'y ajoute la question, plus incidente, de la validité des saisies-arrêts et de l'exécution provisoire. ## Solution et dispositif **Sur le montant de la créance.** Le tribunal relève que le principe du cautionnement de 150 000 euros est reconnu par M. MO. Il ne subsiste donc qu'une discussion sur les intérêts. Il retient que la créancière est fondée à réclamer 150 000 euros « outre les intérêts au taux légal à compter du 19
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