jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 12 février 2015, Mme i. SH. divorcée SI. et M. i. SI. c/ Mme a. PI. veuve SC.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 12 février 2015, n° 12966 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 12 février 2015, n° 12966 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2015/02-12-12966)) ## Faits et procédure Par bail, Mme i. SH., divorcée SI., et M. i. SI. ont donné à bail à Mme a. PI., avec prêt de meubles, un appartement en duplex à usage d'habitation situé à Monaco, outre un box double. Le bail prenait effet au 1er juin 2011, la locataire occupant toutefois les lieux depuis le 1er juin 2010. Invoquant des impayés de loyers, les bailleurs ont obtenu en référé, par ordonnance du 4 juillet 2012, le constat de la résiliation du bail et l'expulsion de la locataire. Celle-ci a quitté les lieux le 20 août 2012. Les bailleurs ont alors assigné la locataire devant le Tribunal de première instance par exploit du 25 avril 2013. Les demandeurs réclamaient notamment : - 34.074,59 euros au titre des loyers et indemnités d'occupation échus ; - 3.450 euros au titre de l'astreinte liquidée par le juge des référés ; - 19.941 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article V-2 du bail ; - 15.156,26 euros au titre des travaux de remise en état ; - 50.000 euros et 15.000 euros de dommages-intérêts, respectivement en réparation des préjudices subis et des frais de conseil. La défenderesse concluait au rejet de ces demandes, sollicitant à titre subsidiaire le paiement de 46.107,37 euros, et invoquait notamment une attestation des bailleurs relative à un report gracieux de dix jours, la prise en charge de travaux, un trop-perçu de charges et le dépôt de garantie de 36.000 euros. Le jugement est intervenu après plaidoiries à l'audience du 18 décembre 2014, le délibéré ayant été prorogé au 12 février 2015. Le tribunal a statué au fond en premier ressort. ## Question de droit La décision soulève plusieurs questions relatives à l'exécution du bail d'habitation, qui peuvent être ramenées à trois. **En premier lieu**, quelle est l'étendue de l'obligation de remise en état du locataire à la restitution des lieux, et notamment peut-elle porter sur la totalité des peintures lorsque le bail le prévoit ? Le tribunal doit alors articuler la clause contractuelle (article V 5 du bail), l'état des lieux d'entrée et de sortie, et la distinction entre dégradations imputables au locataire et usure normale. **En deuxième lieu**, quelle est la portée de l'obligation d'entretien du locataire, notamment s'agissant du bon fonctionnement des sanitaires, et quelle est la charge de la preuve d'un désordre affectant les installations d'eau dont le locataire se prévaut pour s'en exonérer ? **En troisième lieu**, comment s'articulent le dépôt de garantie, le trop-perçu de charges et les sommes dues au titre des loyers, et quel régime retenir pour les demandes indemnitaires réciproques fondées sur la mauvaise foi contractuelle ? ## Solution et dispositif Le tribunal retient une solution nuancée, qui accueille partiellement les prétentions des bailleurs et des demandes de la locataire. **Sur les loyers et charges.** Le tribunal relève que la locataire ne justifie pas de l'accord des propriétaires pour déduire du loyer une facture de réparation du siphon et des branchements de cuisine, réparations relevant de l'entretien loc
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