jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 5 mars 2015, La Société Anonyme de droit français dénommée AVIVA ASSURANCES SOCIETE ANONYME D'ASSURANCES INCENDIE ACCIDENTS ET RISQUES DIVERS c/ ÉTAT DE MONACO, Compagnie d'Assurances AXA FRANCE
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 05 mars 2015, n° 13010 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 05 mars 2015, n° 13010 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2015/03-05-13010)) ## Faits et procédure Le 5 novembre 2008, la boutique exploitée par la SARL RÉGINA COUTURE, au rez-de-chaussée de l'hôtel FAIRMONT, avenue des Spélugues à Monaco, a subi un dégât des eaux. Son assureur, la société AVIVA ASSURANCES, a versé 14.189,40 euros au titre d'une police d'assurance. Selon les écritures, le sinistre résulte du débordement du collecteur public d'évacuation des eaux pluviales lors d'épisodes pluvieux, les eaux de ruissellement s'étant infiltrées sous la porte du local. Un procès-verbal d'expertise amiable contradictoire évalue le dommage au mobilier et aux marchandises à 15.766 euros. L'assureur de l'État, la société AXA FRANCE, a refusé tout paiement en invoquant le caractère exceptionnel des intempéries, qui auraient saturé instantanément le réseau. AVIVA ASSURANCES a assigné l'État de Monaco et AXA FRANCE le 3 juin 2013 devant le Tribunal de première instance. Elle se présente comme subrogée dans les droits de RÉGINA COUTURE et fonde son action sur la responsabilité sans faute de l'État du fait d'un dommage anormal causé par un ouvrage public. L'État conclut à sa mise hors de cause. Il soutient que la victime serait un usager de l'ouvrage, ce qui lui permettrait de s'exonérer en prouvant l'entretien correct du réseau. Il invoque aussi la force majeure et la faute de la victime. Il sollicite en outre la garantie de AXA FRANCE et forme une demande reconventionnelle de 3.000 euros pour procédure abusive. AXA FRANCE conteste la subrogation et le montant réclamé, et oppose l'existence d'une procédure d'arbitrage devant une commission consultative. ## Question de droit Le litige pose quatre questions. **1. La recevabilité de l'action.** L'assureur pouvait-il agir en justice alors qu'il avait initialement saisi une commission consultative d'arbitrage, puis s'était désisté ? Il lui fallait aussi établir sa subrogation dans les droits de l'assuré. **2. La qualification de la victime.** RÉGINA COUTURE est-elle un tiers ou un usager de l'ouvrage public ? La réponse détermine l'étendue des moyens d'exonération de l'administration. **3. Le régime de la respons
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