jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 28 mai 2015, M. m. CA. c/ État de Monaco
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 mai 2015, n° 13283 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 mai 2015, n° 13283 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2015/05-28-13283)) ## Faits et procédure La société A, de droit français, exerce une activité de vérification et de conseil en matière d'hygiène et de sécurité alimentaire. Son gérant, M. m. CA., et la société déposent le 10 juin 2011 une demande de création, en Principauté, d'une SARL dénommée A EXPERTISE MONACO. Le 12 septembre 2011, le Ministre d'État rejette cette demande pour défaut de garanties de moralité professionnelle. Le recours gracieux formé le 28 septembre 2011 est rejeté le 26 janvier 2012. Par arrêts des 3 décembre 2012 et 29 mai 2013, le Tribunal Suprême annule les deux décisions ministérielles. Dans le premier, il relève notamment que la société n'avait pas exercé son activité de façon illicite sur le territoire monégasque. Dans le second, il retient que l'existence, la consistance et la nature des agissements reprochés à M. CA. n'étaient pas établies à la date de la décision attaquée. Aucune indemnité n'avait été sollicitée devant cette juridiction. Par assignation du 21 novembre 2013, M. CA. et la société A recherchent la responsabilité de l'État de Monaco. Ils réclament, notamment, 179 662 € au titre du préjudice matériel de la société, 50 000 € pour chacun des demandeurs au titre du préjudice moral, la publication des décisions du Tribunal Suprême ainsi que des dommages et intérêts pour résistance abusive. Ils imputent aux agents de la Direction de l'Action Sanitaire et Sociale (DASS) des actes de dénigrement auprès des clients de la société, qui auraient conduit ces derniers à résilier leurs contrats. L'État de Monaco soulève la nullité de l'assignation, puis, par conclusions du 9 juillet 2014, l'incompétence du Tribunal de première instance au profit du Tribunal Suprême. Par jugement du 12 février 2015, le Tribunal rejette l'exception de nullité et ordonne la réouverture des débats pour que le Procureur Général conclue sur l'exception d'incompétence. Celui-ci conclut, le 24 mars 2015, à la recevabilité et au rejet de l'exception. L'affaire est plaidée le 9 avril 2015, sur l'exception seule. ## Question de droit La question posée était de savoir si une action en responsabilité dirigée contre l'État, fondée sur des agissements fautifs de ses préposés, relève de la compétence exclusive du Tribunal Suprême en application de l'article 90 B de la Constitution, lorsque ces agissements sont postérieurs ou extérieurs aux décisions administratives annulées pour excès de pouvoir. Plus précisément, il s'agissait de déterminer si le lien existant entre la décision annulée et le litige indemnit
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