jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 11 juin 2015, M. n. s. PE. c/ Mme o. AY.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 11 juin 2015, n° 13345 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 11 juin 2015, n° 13345 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2015/06-11-13345)) ## Faits et procédure Le litige porte sur un local à usage de toilettes situé sur le palier du troisième étage, bloc G, de l'immeuble dénommé « X », à Monaco. Ce local, d'une superficie de 1,08 mètre sur 0,80 mètre selon les plans versés aux débats, jouxte la cuisine de l'appartement n° 232, aujourd'hui propriété de Mme o. AY. Avant les travaux réalisés par la défenderesse, il n'était accessible que par une porte donnant sur le palier commun, qui dessert trois appartements : les n° 231, 232 et 233. Les appartements n° 231 et 233 ont été acquis par M. s. PE. en 1958, sur plan, auprès de la société A. Leur nue-propriété a été donnée en 1982 à M. n. PE., demandeur à l'instance. L'appartement n° 232 a été vendu en 2012 par la SAM B à Mme o. AY. Par exploit du 24 mars 2014, M. n. PE. a assigné Mme AY. devant le Tribunal de Première Instance. À titre principal, il demandait à être déclaré propriétaire indivis du local ; à titre subsidiaire, titulaire d'un droit d'usage. Il sollicitait en outre la transcription du jugement, la cessation de « l'occupation abusive et exclusive » du local, sa remise en état sous astreinte de 100 euros par jour de retard, la restitution de la clé, et 20 000 euros de dommages et intérêts. La défenderesse concluait au débouté et formait une demande reconventionnelle de 20 000 euros pour procédure abusive. La date des conclusions du demandeur est mentionnée de façon discordante (16 ou 13 mars 2015) ; cette divergence est sans incidence sur la solution. Le demandeur fondait ses prétentions sur deux terrains : la rédaction de ses titres (la mention d'un « WC indépendant ») et la prescription acquisitive des articles 2080 et suivants du Code civil, qu'il estimait remplies par la possession de clés depuis 1959, l'usage public du local et les déclarations de l'ancien propriétaire et du syndic. ## Question de droit Le tribunal devait déterminer si un local annexe, situé sur un palier commun et rattaché à un lot de copropriété, pouvait faire l'objet d'une appropriation indivise, soit en vertu des titres, soit par usucapion. Plus précisément, la question était double : 1. Les titres de propriété des parties établissent-ils l'existence d'une partie privative détenue en indivision ? 2. Les conditions de la prescription acquisitive sont-elles réunies, en particulier la possession exigée par l'article 2083 du Code civil, lorsque le demandeur invoque la détention d'une clé et l'usage du local par les propriétaires successifs de deux autres lots ? ## Solution et dispositif Le tribunal rejette l'ensemble des prétentions principales du demandeur, pour deux motifs cumulés. **Sur le terrain des titres.** Le juge relève que, dans une copropriété, la propriété se répartit par lot, chaque lot comprenant une partie privative et une quote-part de parties communes, et qu'un lot
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