jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 28 janvier 2016, La société P c/ Mme i. OR. épouse TR. et M. r. TR.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 janvier 2016, n° 14588 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 janvier 2016, n° 14588 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/01-28-14588)) ## Faits et procédure La société P, société anonyme de droit panaméen, a fait citer devant le Tribunal de première instance de Monaco deux époux, Mme i. OR. épouse TR. et M. r. TR., pour obtenir le remboursement de sommes qu'elle affirmait avoir prêtées pour l'acquisition d'une propriété située à Saint-Martin (Antilles françaises). Elle réclamait 3.200.000 euros à la première et 1.000.000 euros au second, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 16 septembre 2013, ainsi que 500.000 euros de dommages et intérêts pour résistance abusive. Par jugement du 18 décembre 2014, le tribunal a débouté Mme TR. de sa demande tendant à appeler en garantie son codéfendeur et l'a invitée à conclure au fond. Celle-ci a alors soulevé à titre principal une exception d'incompétence, à titre subsidiaire une demande de communication des statuts de la société demanderesse et de ses bénéficiaires économiques, et à titre infiniment subsidiaire une fin de non-recevoir. Le défendeur, M. TR., a déclaré ne pas contester devoir la somme de 1.000.000 euros en principal, tout en indiquant se trouver dans l'impossibilité de la régler, et s'en est rapporté à justice sur l'exception d'incompétence. Les moyens de la défenderesse peuvent être regroupés en trois axes : une exception d'incompétence (rattachement du litige à l'étranger et absence de domicile monégasque effectif), une contestation de la qualité de créancière de la demanderesse (preuve insuffisante du versement des fonds), et une contestation du pouvoir d'agir en justice de la personne physique ayant engagé l'instance au nom de la société, au regard de l'article 141 du Code de procédure civile. ## Question de droit La décision soulève principalement trois questions : 1. **Recevabilité de l'exception d'incompétence** : une partie qui a sollicité l'appel en garantie d'un codéfendeur devant le tribunal monégasque peut-elle ensuite décliner cette compétence territoriale ? 2. **Qualification du moyen tiré du défaut de qualité à agir** : le défaut de qualité de créancier constitue-t-il une fin de non-recevoir au sens procédural, susceptible d'être tranchée sans examen au fond ? 3. **Pouvoir d'agir de la personne représentant une société étrangère** : la production d'un simple certificat de constitution d'une société de droit panaméen suffit-elle à établir le pouvoir de son représentant d'engager une action en justice ? ## Solution et dispositif Sur la première question, le tribunal retient que, la défenderesse ayant sollicité l'autorisation d'appeler en garantie son codéfendeur devant la juridiction monégasque, elle a « implicitement mais nécessairement reconnu la compétence de la présente juridiction » et est, « aujourd'hui, irrecevable à soulever l'incompétence territoriale ». Le tribunal précise au préalable que l'exception doit être so
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