jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 25 février 2016, La Société A c/ La Société Civile Immobilière B
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 février 2016, n° 14717 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 février 2016, n° 14717 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/02-25-14717)) ## Faits et procédure La société A, de droit italien, exerce une activité de vente de matériels de plomberie, de chauffage, de salles de bains et de climatisation. Par exploit du 16 octobre 2014, elle a assigné devant le Tribunal de première instance la société civile immobilière (SCI) B, de droit monégasque, en paiement de factures impayées. Elle réclamait 13.597,85 euros, avec intérêts au taux légal à compter d'une mise en demeure du 6 mars 2014, ainsi que 5.000 euros de dommages et intérêts. Les prestations en cause avaient été fournies en 2013. La SCI B a conclu à l'irrecevabilité des demandes et, subsidiairement, à leur rejet. Elle a formé une demande reconventionnelle de 5.000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive. Son argumentation reposait sur trois points : - la relation contractuelle aurait été nouée non avec elle, mais avec son gérant, M. EL., à titre personnel, ce qu'attesterait un ordre de virement du 14 février 2013 émanant de celui-ci au profit de la société A ; - les documents produits par la demanderesse émaneraient exclusivement d'elle-même et seraient dénués de valeur probante ; - aucun contrat n'ayant été signé, les bons de transport comporteraient des signatures dont on ne pourrait déterminer si elles sont celles du transporteur ou du client. La société A soutenait pour sa part que la SCI B était sa cocontractante, en se fondant sur le libellé et les coordonnées figurant sur les factures, transmis par le gérant lui-même. Elle faisait valoir que le paiement de 20.000 euros effectué par virement, pour une prestation étrangère au litige, ne suffisait pas à établir que le gérant serait seul cocontractant, le règlement des dettes d'une société civile par son dirigeant étant courant. Le tribunal a statué par jugement contradictoire et en premier ressort. ## Question de droit La décision soulève deux questions. **La première** porte sur la preuve d'un contrat de vente de marchandises conclu sans écrit. Le tribunal relève qu'« en l'absence de contrat écrit, il convient de déterminer si la preuve d'un engagement peut être caractérisée, en application de l'article 1194 du Code civil ». Il s'agit de savoir si des documents émanant du vendeur, en particulier des bons de livraison, peuvent constituer un commencement de preuve par écrit et, combinés à la réalité de la livraison, établir l'existence de la vente. **La seconde** concerne l'identité du cocontractant
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