jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 25 février 2016, Mme l. MO. c/ M. r. ST.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 février 2016, n° 14731 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 25 février 2016, n° 14731 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/02-25-14731)) ## Faits et procédure Le litige oppose une ressortissante italienne, créancière, à un ressortissant italien, débiteur, tous deux domiciliés à Monaco. Il porte sur la restitution d'une somme de 165 000 euros versée dans le cadre d'un projet de cession de 40 % des parts de la SARL A, société exploitant une activité de production et de vente de glaces artisanales. Par acte sous seing privé du 25 novembre 2013, les parties ont conclu un projet de cession au prix de 440 000 euros. Cet acte prévoyait un acompte de 100 000 euros et subordonnait la cession à l'obtention des autorisations gouvernementales nécessaires. Il contenait en outre une clause compromissoire, dont l'article 5 soumettait « tout litige concernant le présent acte ou en lien avec celui-ci » à un arbitrage « selon l'équité » devant trois arbitres nommés selon les règles de la « Chambre Arbitrale de Monaco ». La créancière a versé, entre novembre 2013 et mars 2014, une somme totale de 165 000 euros en cinq règlements. Le 30 juin 2014, le débiteur a signé une reconnaissance de dettes portant sur cette somme, « en plusieurs fractions, à valoir sur l'acquisition de 40 % des parts ». Les parties ont ensuite renoncé au projet de cession. Un courrier du 17 septembre 2014 du débiteur a confirmé la dette, avec une compensation partielle portant sur des intérêts et sur un paiement distinct afférent à une autre société. Une mise en demeure est restée infructueuse. La créancière a alors assigné le débiteur en paiement de 165 000 euros en principal et de 20 000 euros de dommages-intérêts (instance enrôlée sous le n° 2015/000393). Elle a également fait pratiquer une saisie-arrêt sur les parts détenues par le débiteur, entre les mains de la SARL A, puis l'a assigné en validation (instance n° 2015/000633). Le débiteur a demandé la jonction des deux instances et soulevé in limine litis l'incompétence du tribunal au profit de la juridiction arbitrale. Le tribunal de première instance a ordonné la jonction, rejeté l'exception d'incompétence et renvoyé les parties à conclure au fond. Le jugement a été rendu avant dire droit. ## Question de droit La question posée était de savoir si une clause compromissoire stipulée dans un acte de projet de cession pouvait être invoquée pour faire échec à une action en paiement fondée sur une reconnaissance de dette ultérieure, lorsque cette reconnaissance avait pu opérer novation de l'obligation initiale. Le débiteur soutenait que la reconnaissance du 30 juin 2014 n'avait fait que retranscrire l'accord initial, sans créer de situation juridique nouvelle. Il invoquait en outre la validité formelle de la clause au regard des exigences de l'arbitrage, et l'existence supposée de la « Chambre Arbitrale de Monaco ». La créancière répondait que sa créance reposait sur la reconnaissance de dette, laquelle s'était substituée à l'obligation initiale par novation, de sorte que la clause ne
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