jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 3 mars 2016, La société A c/ M. c., b. IA.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 mars 2016, n° 14716 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 mars 2016, n° 14716 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/03-03-14716)) ## Faits et procédure Une SCI, dont les bâtiments à usage industriel situés à Irigny (Rhône) étaient financés par un prêt, a souscrit le 22 septembre 1989 auprès de la société A un emprunt de 19 500 000 francs, remboursable en 144 mensualités. Trois personnes physiques, dont M. c. b. IA., se sont portées cautions solidaires et indivisibles du remboursement. Après l'exigibilité anticipée du prêt pour non-paiement des amortissements, la banque a adressé, par lettres recommandées, une mise en demeure à la SCI et aux trois cautions. Le tribunal retient que la mise en demeure adressée à la caution a été reçue le 5 mars 1994, l'exposé des faits mentionnant pour sa part la date du 1er mars 1994 pour l'envoi des courriers. Un avenant a été conclu le 4 janvier 1995 entre la banque, la SCI et les cautions. Il réaménage le prêt : baisse du taux d'intérêt, différé d'amortissement de trente-six mois, allongement de la durée de remboursement. La SCI a été placée en liquidation judiciaire en 1999, puis la liquidation a été clôturée pour insuffisance d'actif en 2010. La banque a déclaré sa créance et, après une ordonnance d'exécution rendue en 2013, a obtenu une saisie-arrêt sur les comptes de la caution auprès de l'établissement bancaire C. Elle a ensuite assigné la caution en paiement. La caution a soulevé la novation de l'engagement, l'irrégularité de la formation de l'engagement au regard du droit de la consommation et du formalisme de la mention manuscrite, ainsi que le caractère abusif du concours prolongé. Elle a formé une demande reconventionnelle en dommages-intérêts pour manquement de la banque à son obligation de mise en garde, à hauteur de 1 700 000 euros, destinée à se compenser avec la dette. La banque a opposé la prescription de cette action. Le tribunal de première instance de Monaco, statuant en premier ressort et de manière contradictoire, a rendu son jugement le 3 mars 2016. ## Question de droit Le jugement soulève deux questions distinctes. La première porte sur l'extinction éventuelle du cautionnement. Il s'agit de savoir si l'avenant du 4 janvier 1995, qui modifie les conditions de remboursement d'un prêt, opère novation au sens de l'article 1271, 1°, du code civil. Dans l'affirmative, la caution pourrait soutenir que son engagement initial est éteint et que la validité d'un nouvel engagement, avec les formalités requises, n'a pas été satisf
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