jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 3 mars 2016, La SARL B. c/ La SCP A.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 mars 2016, n° 14722 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 mars 2016, n° 14722 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/03-03-14722)) ## Faits et procédure Par contrat du 9 janvier 2013, la société civile particulière A. (ci-après la SCP A.) a consenti à la SARL B., alors en cours de constitution, une location-gérance portant sur un fonds de commerce de vente au détail d'articles vestimentaires pour hommes, femmes et enfants, situé à Monte-Carlo. Le contrat était conclu pour deux ans, du 1er février 2013 au 31 janvier 2015. Le 12 novembre 2014, la bailleresse a fait délivrer à la locataire un commandement de payer les loyers et redevances de novembre 2014, en visant la clause résolutoire de l'article 11.1.1. Le 17 décembre 2014, elle a adressé une mise en demeure de restituer les locaux et de régler les sommes impayées. La SARL B. a répondu par courrier du 14 novembre 2014 contestant les conditions du renouvellement, au motif que le fonds était détenu par une société civile. La bailleresse lui a répondu le 9 décembre 2014 en rappelant le caractère civil et valable du contrat. Par assignation du 19 décembre 2014, la SARL B. a saisi le tribunal de première instance en nullité du contrat de gérance libre et en paiement. Un juge des référés, par ordonnance du 1er juillet 2015 frappée d'appel, avait constaté la fin du contrat au 31 janvier 2015, non renouvelé, et ordonné la restitution des locaux. Dans ses écritures, la demanderesse invoquait les dispositions du Code de commerce français (articles L. 144-1 et suivants) et un avis de droit d'un avocat français. Elle soutenait que la location d'un fonds par une société civile n'ayant pas exploité le fonds préalablement était nulle, nullité qu'elle qualifiait d'absolue, et réclamait 1 000 000 euros au titre de la plus-value et 100 000 euros en réparation de son préjudice. La défenderesse formait une demande reconventionnelle en paiement des redevances, loyers et charges impayés, d'une pénalité d'occupation contractuelle, d'une indemnité de privation de délai et de dommages et intérêts pour résistance et procédure abusives. ## Question de droit Le tribunal devait trancher plusieurs questions : 1. La loi monégasque ou le Code de commerce français régit-il un contrat de gérance libre conclu entre deux sociétés monégasques pour un fonds situé à Monaco ? 2. Un contrat de gérance libre est-il nul lorsque le bailleur est une société civile qui n'exploite pas elle-même le fonds, ou lorsque l'existence du fonds est contestée par le preneur ? 3. L'absence alléguée de publicité légale entraîne-t-elle la nullité du contrat ? 4. Le preneur peut-il être condamné à des dommages et intérêts pour procédure abusive lorsqu'il invoque tardivement une législation inapplicable ? ## Solution et dispositif Le tribunal rejette la demande de nullité et fait partiellement droit aux demandes reconventionnelles de la bailleresse. Il retient que « la loi n° 546 du 26 juin 1951 doit s'appliquer au litige concernant un contrat de gérance libre et non le Code du commerce français », faute d'élément d'extran
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