jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 10 mars 2016, M. g. GR. (nom d'usage PA.) c/ M. p. GR.
Résumé
# Tribunal de première instance de Monaco, 10 mars 2016, n° 14724 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 mars 2016, n° 14724 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/03-10-14724)) ## Faits et procédure Le demandeur, né le 19 avril 1995, est issu de la relation de M. p. GR. et de Mme s. PA. À la suite de leur séparation, la cour d'appel d'Aix-en-Provence, le 31 mai 1999, avait fixé la contribution paternelle à 500 francs par mois, avec indexation. La cour d'appel de Monaco, par arrêt du 13 février 2012, statuant sur appel d'une décision du juge tutélaire suppléant du 13 juillet 2010, l'a ramenée à 200 euros par mois, avec indexation. Selon les écritures du demandeur, qui ne sont pas contestées sur ce point dans les motifs, le fils est devenu majeur le 19 avril 2013, et le père a cessé de verser la somme mise à sa charge. Les mises en demeure étant restées sans effet, l'intéressé a assigné son père par exploit du 16 janvier 2015 devant le tribunal de première instance. Il sollicitait au titre du devoir de secours 800 euros mensuels avec indexation, à compter de l'assignation et jusqu'à son autonomie financière, ainsi que 5 000 euros de dommages et intérêts. Le défendeur opposait son insolvabilité, invoquant un revenu de retraite de 471,66 euros mensuels, une expulsion et la vente aux enchères ou la saisie de plusieurs biens immobiliers. Il contestait par ailleurs le montant des frais allégués et imputait la rupture des relations père-fils à l'enfant lui-même. Le tribunal a été saisi sur le fond et a statué en premier ressort, par jugement contradictoire, à l'issue d'une audience du 28 janvier 2016. ## Question de droit Le jugement soulève deux questions. La première porte sur les modalités d'appréciation de la contribution d'un parent à l'entretien d'un enfant majeur poursuivant ses études, lorsque le débiteur allègue son insolvabilité. Le tribunal devait déterminer si les pièces produites par le père suffisaient à établir une baisse de ses ressources depuis l'arrêt de 2012, et comment tenir compte de la contribution de la mère. La seconde concerne le fondement et l'étendue de la condamnation à dommages et intérêts, fondée sur la dissimulation alléguée des revenus du débiteur. ## Solution et dispositif Le tribunal fixe la contribution paternelle à 300 euros par mois, en la rattachant aux motifs suivants : la situation patrimoniale du père n'a pas « évolué défavorablement » depuis 2012 ; le fils poursuit désormais des études d'ingénieur à Caen, ce qui expose des frais supérieurs à ceux retenus en 2012 ; la mère prend en charge une partie des frais. Il retient également une « résistance abusive » du père et lui alloue 1 000 euros de dommages et intérêts. Le dispositif énonce notamment :
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