jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 28 avril 2016, M. a. AL. NO. c/ Maître n. AU. CA.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 avril 2016, n° 14874 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 28 avril 2016, n° 14874 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/04-28-14874)) ## Faits et procédure Le litige trouve son origine dans une promesse synallagmatique de vente et d'achat signée à Monaco le 14 novembre 2007, portant sur un appartement situé à Monte-Carlo. Le promettant acquéreur, M. AL. NO., de nationalité autrichienne, domicilié à Vienne, a versé un acompte de 770 000 € sur le compte de la notaire, Maître AU. CA. Il ne s'est pas présenté au rendez-vous de signature fixé au 28 février 2008. Après une offre de prorogation, le promettant a versé 430 000 € supplémentaires, et la promettante a reçu 1 200 000 € de la part du notaire. Le 15 mai 2008, M. AL. NO. ne s'est pas présenté à la réitération, et la promettante s'est estimée déliée de son engagement, considérant la somme de 1 200 000 € acquise à titre de dédit. Saisi par M. AL. NO., le Tribunal de première instance a, par jugement du 11 mars 2010, débouté celui-ci et l'a condamné à 10 000 € de dommages-intérêts. La Cour d'appel a réformé ce jugement par arrêt du 29 mars 2011, sauf sur la condamnation à 10 000 €, et a déclaré M. AL. NO. irrecevable en ses demandes. La Cour de révision a rejeté le pourvoi par arrêt du 23 mars 2012. Par exploit du 29 mai 2015, M. AL. NO. a assigné Maître AU. CA., notaire, en réparation du préjudice résultant, selon lui, de la responsabilité civile professionnelle de celle-ci et d'un manquement à son devoir de conseil, à hauteur de 1 200 000 €. Avant toute défense au fond, la notaire a soulevé l'exception de caution *judicatum solvi* prévue par l'article 259 du Code de procédure civile, et sollicité une caution de 400 000 €. Le demandeur a conclu au rejet de l'exception, en invoquant les articles 6 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH), et, à titre subsidiaire, la réduction de la caution à 5 000 €. ## Question de droit La question posée au tribunal était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si l'obligation de fournir caution imposée au seul demandeur étranger par l'article 259 du Code de procédure civile est compatible avec le droit d'accès au juge garanti par l'article 6, paragraphe 1, de la CEDH, et avec le principe de non-discrimination de l'article 14 de la Convention. D'autre part, il fallait apprécier si les conditions légales de la caution étaient réunies en l'espèce et fixer, le cas échéant, son montant. Sur le premier point, le tribunal rappelle que le droit d'accès à un tribunal peut faire l'objet de limitations, à condition qu'elles ne restreignent pas ce droit « dans sa substance même » (CEDH, *Golder c
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