jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 16 juin 2016, La Société N SpA c/ La Société R Monaco
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 juin 2016, n° 15020 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 juin 2016, n° 15020 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/06-16-15020)) ## Faits et procédure La société N SpA, société de droit italien appartenant au groupe R1, spécialisé dans la production de tubes et raccords, a livré à la SAM R Monaco, au cours des années 2010 à 2012, des produits dont elle réclamait le paiement, pour un montant restant dû de 136.568,34 euros au titre de quinze factures. Une mise en demeure du 16 septembre 2013 étant demeurée sans effet, le Président du Tribunal de première instance de Monaco a autorisé, par ordonnance du 24 octobre 2014, une saisie-arrêt à concurrence de 140.000 euros auprès de l'établissement bancaire F. Par acte du 29 octobre 2014, la société N SpA a signifié cette saisie et assigné la SAM R Monaco en paiement et en validation de la saisie. Le litige s'inscrit dans un contentieux plus large opposant la défenderesse à la société R2 France, également filiale du groupe R1, relatif à la rupture d'un protocole d'accord du 1er janvier 2006. La décision relève que la juridiction française saisie (Tribunal de commerce de Dijon, puis Cour d'appel de Dijon) a été l'occasion d'un jugement du 5 janvier 2016 rejetant les demandes de la SAM R Monaco et la condamnant à verser 942.737,39 euros à la société R2 France. La société N SpA demandait en outre 10.000 euros de dommages-intérêts, la validation de la saisie et l'exécution provisoire. La SAM R Monaco sollicitait, à titre reconventionnel, la condamnation solidaire des sociétés C, N et J à lui verser 888.748 euros, sur le fondement d'une rupture brutale et sans préavis des relations commerciales établies, dont 736.575 euros au titre de la seule société N. Le tribunal rejette la demande de jonction des instances, la demande de sursis à statuer, la demande principale de la société N SpA, la demande reconventionnelle de la SAM R Monaco et les demandes indemnitaires respectives. Il refuse l'exécution provisoire et ordonne la compensation des dépens. ## Question de droit La décision soulève plusieurs questions, dont trois appellent un commentaire. **Première question : la preuve de la créance commerciale.** Il appartenait à la société N SpA, demanderesse à la créance, d'établir le bien-fondé de ses réclamations, conformément à l'article 1162, alinéa 1er, du Code civil, dont le tribunal fait application. La question est de savoir si des factures, des documents présentés comme des bons de livraison et des listings informatiques, rédigés en langue italienne et non signés, peuvent établir la réalité des livraisons et la créance qui en découle. **Deuxième question : la rupture brutale des relations commerciales établies.** La SAM R Monaco invoquait une rupture imputable à la société N SpA. Il s'agit de déterminer sur qui pèse la charge de prouver l'origine de la rupture et si la faute alléguée est caractérisée. **Troisième question : la jonction et le sursis à statuer.
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