jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 16 juin 2016, Mme Lucia Augusta GU. DU. et autres c/ La société W et autres
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 juin 2016, n° 15025 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 juin 2016, n° 15025 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/06-16-15025)) ## Faits et procédure Le 19 février 2010, un salarié intérimaire, employé par la société L, chute de plus de dix mètres après le basculement d'un échafaudage sur le chantier de l'hôtel Hermitage à Monaco. Il n'est pas décédé. Une information judiciaire pour blessures involontaires conduit, par jugement correctionnel du 27 septembre 2011, à la condamnation des intervenants : la SAM U, la SAS D, la SAS W et plusieurs de leurs salariés délégataires de pouvoirs. Le juge répressif déclare l'ensemble des prévenus responsables, mais rejette les demandes de l'épouse et des deux enfants mineurs de la victime, qu'il estime victimes par ricochet, donc hors du champ de l'action civile de l'article 2 du Code de procédure pénale. Un jugement du 24 janvier 2014 ordonne une nouvelle expertise médicale, alloue une provision complémentaire à la victime directe et rejette à nouveau les demandes des proches. Le certificat de consolidation est daté du 2 juillet 2013. Par assignation du 27 avril 2015, l'épouse et les deux enfants, représentés par leurs parents, agissent contre les intervenants sur le fondement de la responsabilité délictuelle de droit commun. Ils sollicitent une expertise psychiatrique de l'épouse, une expertise pédopsychiatrique des enfants, une expertise comptable et une provision de 30 000 euros. Les défendeurs opposent, à titre principal, la prescription biennale de la loi n° 636 relative aux accidents du travail, l'autorité de la chose jugée au pénal, le caractère non chiffré de la demande et l'absence de preuve de la faute, du préjudice et du lien de causalité. Le tribunal statue par jugement contradictoire et en premier ressort. ## Question de droit La décision soulève cinq questions : 1. La prescription biennale de l'article 28, alinéa 2, de la loi n° 636 est-elle opposable à des victimes par ricochet qui agissent contre des tiers responsables sur le fondement du droit commun ? 2. Une demande d'indemnisation non chiffrée peut-elle être accueillie en l'état ? 3. Le rejet, par le juge pénal, des demandes des proches fait-il obstacle à leur action civile ? 4. Les fautes pénales
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