jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 23 juin 2016, La SAM A c/ M. d. CO.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 23 juin 2016, n° 15051 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 23 juin 2016, n° 15051 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/06-23-15051)) ## Faits et procédure Une société anonyme monégasque, bailleresse, a donné à bail à un locataire un appartement, une cave, un box et un emplacement de parking. Le loyer a été augmenté par lettre recommandée du 29 août 2013, avec effet au 1er décembre 2013. Le locataire a cessé de payer à compter du 1er décembre 2014. Un commandement de payer a été délivré le 28 mai 2015, visant une clause de résiliation de plein droit. La bailleresse a déposé une requête aux fins de saisie-gagerie des meubles garnissant les locaux loués, pour sûreté d'une créance de 99 636,26 euros. Le Président du Tribunal de première instance a fait droit à la requête par ordonnance du 1er juillet 2015. Cette ordonnance imposait au créancier de former, « dans les trois mois de la saisie, devant la juridiction compétente, une action en validité de la saisie-gagerie et une demande au fond ». La saisie a été pratiquée le 21 octobre 2015 par procès-verbal d'huissier, signifié le 4 novembre 2015 au débiteur, alors détenu. Le débiteur a soutenu que la saisie avait été pratiquée moins d'un jour après un itératif commandement du 20 octobre 2015, en méconnaissance de l'article 754 du Code de procédure civile. Le créancier a assigné le débiteur le 17 décembre 2015 aux fins de validation de la saisie, de conversion en saisie-exécution et de vente aux enchères publiques. Il ne sollicitait pas, dans cet acte, la condamnation au paiement. Par conclusions du 14 mars 2016, prises en réplique, le créancier a formé une demande additionnelle en paiement de 199 797,24 euros, correspondant aux loyers, charges et indemnités d'occupation échus entre le 1er décembre 2014 et le 31 mai 2016. Le débiteur a soulevé l'irrecevabilité de cette demande, tardive au regard du délai de trois mois fixé par l'ordonnance, et contraire au principe de l'immutabilité du litige. ## Question de droit Le litige posait deux questions connexes : 1. Une saisie-gagerie pratiquée à titre conservatoire, sur le fondement de l'article 754 du Code de procédure civile, peut-elle être validée en l'absence de titre exécutoire constatant la créance ? 2. Une demande en paiement formée après l'expiration du délai imparti par l'ordonnance autorisant la saisie est-elle recevable, alors que la validation de la saisie suppose l'existence d'une créance fixée par un titre ? Le tribunal ne tranche pas les moyens tirés de la nullité du commandement préalable ou de l'irrégularité de l'assignation, qu'il écarte comme surabondants. ## Solution et dispositif Le tribunal rappelle le cadre légal. L'article 754 du Code de procédure civile autorise les propriétaires et principaux locataires à faire saisir-gager, p
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