jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 23 juin 2016, M. c. m. LO. c/ La Société A, Mme e. VE. et Mme c. MAR.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 23 juin 2016, n° 15054 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 23 juin 2016, n° 15054 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/06-23-15054)) ## Faits et procédure Monsieur c. m. LO., de nationalité argentine, envisage au premier trimestre 2013 l'acquisition d'un yacht de plaisance, le M/Y Carol V, de marque San Lorenzo, construit en 2011 et d'une longueur de 46 mètres. Les pourparlers sont conduits avec la SARL A, désignée dans la décision comme « la société Y », qui intervient en qualité d'intermédiaire des venderesses, Mesdames e. VE. et c. MAR. Monsieur LO. verse entre les mains de la société Y une somme de 1.050.000 euros. La vente n'étant pas réalisée, il sollicite la restitution de cette somme. Deux procédures de saisie-arrêt sont engagées. La première, pratiquée entre les mains de la société P sur les sommes détenues par la société Y, aboutit à une déclaration de solde débiteur de 11,03 euros (n° 2015/000009). La seconde, pratiquée entre les mains de la société Y sur les sommes dues aux venderesses, donne lieu à une déclaration de la société Y selon laquelle elle ne détient « aucune somme revenant à Mesdames VE. et MAR. » (n° 2015/000008). Les deux instances sont jointes par le tribunal de première instance. Les parties invoquent des offres successives, datées des 1er, 12, 17, 21 et 29 mars 2013. Monsieur LO. conteste avoir émis l'offre du 1er mars, dont il allègue la signature apposée comme frauduleuse, et soutient qu'aucun accord sur la chose et le prix n'a été réalisé. La société Y soutient que l'offre du 21 mars 2013, acceptée par le versement du dépôt de garantie, était « contraignante ». Les venderesses soutiennent pour leur part que l'offre du 1er mars 2013 était la seule valable et qu'elles sont fondées à réclamer les arrhes. Le tribunal rejette la demande reconventionnelle des venderesses en paiement de 1.050.000 euros, juge qu'aucun contrat n'a été formé, condamne la société Y à restituer le dépôt de garantie, valide la saisie-arrêt pratiquée entre les mains de la société P et rejette les demandes en dommages-intérêts. ## Question de droit La question posée au tribunal est double. Il s'agit, d'une part, de déterminer si, dans une négociation portant sur la vente d'un navire, un échange d'offres et de contre-propositions a abouti à la formation d'un contrat de vente. Il s'agit, d'autre part, de qualifier la somme versée au titre du dépôt de garantie et d'en déterminer le sort, notamment au regard de la prétention de la société Y à une commission. La première question suppose de rappeler les conditions de l'offre et de l'acceptation. Selon le tribunal, l'offre est « une proposition de contracter suffisamment ferme et précise pour que son acceptation suffise à former le contrat ». El
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