jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 20 septembre 2016, La Société A c/ M. m. MA. et la SCI « B »
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 septembre 2016, n° 15355 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 septembre 2016, n° 15355 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/09-20-15355)) ## Faits et procédure Une société à responsabilité limitée (SARL A), agence immobilière, a assigné par exploit du 29 juillet 2014 M. M. MA. et la société civile immobilière « B » en paiement de 200 000 euros à titre d'honoraires, sur le fondement de l'article 989 du Code civil et de l'article 12 de la loi n° 1.252 du 12 juillet 2002, ainsi que de 10 000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive. L'agence soutenait avoir reçu un mandat tacite de vente portant sur un appartement de trois pièces avec cave et deux parkings. Le 25 novembre 2013, elle avait fait visiter le bien à M. MA., qui avait signé le même jour un bon de commission de 200 000 euros et formulé une offre d'achat au prix de 6 000 000 d'euros. Le vendeur, la société panaméenne C, avait décliné cette offre et formulé une contre-offre à 6 500 000 euros. Par acte reçu le 18 mars 2014, le bien a été acquis au même prix par la SCI B, dont M. MA. détient 199 parts sur 200. Deux mises en demeure, des 27 mai et 13 juin 2014, sont restées sans effet. Par jugement avant dire droit du 12 novembre 2015, le tribunal a ordonné la réouverture des débats afin que les parties s'expliquent sur le fondement contractuel ou délictuel de la responsabilité des défendeurs. Il a déjà rejeté la demande de rejet de pièces formée par les défendeurs. L'agence fondait sa demande principale sur la responsabilité délictuelle, en invoquant des manœuvres frauduleuses, et à titre subsidiaire sur la responsabilité contractuelle de M. MA. Les défendeurs concluaient au rejet, contestaient l'existence d'un mandat et d'un droit à rémunération, et sollicitaient reconventionnellement 5 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. ## Question de droit La décision soulève deux questions distinctes. La première porte sur la responsabilité contractuelle : un bon de commission signé le même jour qu'une offre d'achat, puis devenu sans objet après le refus de cette offre, peut-il fonder un droit à rémunération de l'agent immobilier ? Plus précisément, le tribunal devait déterminer si l'article 12, alinéa 2, de la loi n° 1.252 permettait la perception de la commission dans les circonstances de l'espèce. La seconde concerne la responsabilité délictuelle : la création, par l'acquéreur, d'une société civile immobilière dont il est associé majoritaire, peu après le refus de son offre et avant la signature de l'acte authentique, constitue-t-elle une faute délictuelle ouvrant droit à réparation au profit de l'agent évincé ? Le tribunal écarte également, en amont, la question de l'existence d'un mandat de recherche et celle de la validité du mandat de vente, dont il juge l'examen indifférent à la solution. ## Solution et dispositif **Sur la responsabilité contractuelle.** Le tribunal relève que la société B n'a aucun lien contractuel avec l'agence, de sorte que sa responsabilité contractuelle ne peut être recherchée. Il écarte ensuite l'existence d'un mandat de
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