jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 20 septembre 2016, La Société A c/ Monsieur t. MO.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 septembre 2016, n° 15363 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 20 septembre 2016, n° 15363 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/09-20-15363)) ## Faits et procédure Le 12 janvier 2013, un ressortissant britannique, t. MO., a loué un véhicule automobile auprès de l'agence de la société A à Chesterfield (Angleterre). Le contrat, signé à Feltham, contenait des conditions générales dont l'article 13 prévoyait que « ce contrat est régi par les lois du pays où il est signé ». Le 13 janvier 2013, le véhicule a subi un sinistre, évalué à 6.109,15 livres sterling selon un rapport d'expertise du 24 janvier 2013. Par mise en demeure du 30 décembre 2014, la société A a réclamé le paiement de 6.684,81 livres sterling TTC, soit 9.316,27 euros TTC. Le locataire a refusé. Par assignation du 21 mai 2015 (enregistrée sous le numéro 2015/000628), la société A a saisi le Tribunal de première instance de Monaco. Elle sollicitait la condamnation du défendeur au paiement de cette somme, avec intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2014, ainsi que de 3.000 € pour résistance abusive et de 2.500 € à titre de dommages-intérêts pour frais de représentation. Le défendeur a soulevé l'incompétence de la juridiction monégasque, en invoquant l'article 262 du Code de procédure civile et la clause attributive de compétence figurant dans les conditions générales. Subsidiairement, il a conclu au rejet de la demande et à des dommages-intérêts pour procédure abusive. La société A a opposé l'irrecevabilité de l'exception et sollicité l'application du droit français, notamment de l'article L. 113-1 du Code des assurances. Le ministère public s'en est rapporté à l'appréciation du tribunal. ## Question de droit La décision soulève trois questions. **Première question** : une exception d'incompétence soulevée après des conclusions au fond est-elle recevable au regard de l'article 262 du Code de procédure civile, qui impose de la déclarer « préalablement à toute exception » ? **Deuxième question** : quelle loi régit le contrat de location, et notamment l'opposabilité des garanties et des exclusions du droit français invoquées par la demanderesse ? **Troisième question** : dans quelles conditions le locataire peut-il être tenu au paiement intégral des réparations d'un véhicule endommagé par une inondation, lorsque le contrat limite sa responsabilité au dépôt de garantie et aux frais d'administration, sauf hypothèses de dommages par choc ou de défaut de soin ? ## Solution et dispositif Sur la compétence, le tribunal déclare l'exception irrecevable. Il relève que le défendeur n'a soulevé l'incompétence qu'implicitement dans ses conclusions du 14 janvier 2016, alors que ses écritures du 9 juillet 2015 avaient discuté le fond sans exception préalable. Il ajoute que, le défendeur ayant expressément accepté les conditions générales le 12 janvier 2013, il « est réputé en avoir eu connaissance dès cette date ». Sur le fond, le tribunal retient l'application du droit anglais, au motif de la clause de l'article 13. Il écarte les arguments de la demanderesse fondés sur l'absence de souscription de la garantie LDW et sur le plafond de la garantie Z.
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