jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 13 octobre 2016, Société A c/ M. j. N, M. d. N et M. h. di h. N
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 octobre 2016, n° 15448 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 13 octobre 2016, n° 15448 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/10-13-15448)) ## Faits et procédure Une société en commandite de droit allemand, la société A, spécialisée dans la vente aux enchères d'œuvres d'art, a acquis en qualité de demanderesse une créance à l'encontre de j. N, adjudicataire lors d'une vente aux enchères organisée le 12 décembre 2009. L'adjudication portait sur une peinture de Giorgio De Chirico, pour un prix de 139.867,05 euros, frais d'adjudication inclus. Le Landgericht de Munich a rendu par défaut, le 20 janvier 2011, un jugement condamnant j. N au paiement de cette somme avec intérêts. Une ordonnance de taxe du 14 mars 2011 a fixé les dépens à 7.283,23 euros, outre intérêts. Le jugement et l'ordonnance ont été signifiés selon les mentions de la demanderesse les 9 février et 31 mars 2011. La société A a saisi le Tribunal de première instance de Monaco, par assignation du 17 janvier 2012, aux fins de voir déclarer exécutoires en Principauté ces deux décisions, sur le fondement des articles 473 et suivants du Code de procédure civile. j. N étant décédé le 23 novembre 2012, l'instance a été interrompue (art. 389 CPC) puis reprise à l'encontre de ses héritiers, d. et h. dit h. N, par réassignation du 7 avril 2015. La demanderesse sollicitait également leur condamnation personnelle au paiement, ainsi que 10.000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive. Le ministère public a déclaré ne pas s'opposer à l'exequatur. Les défendeurs ont opposé l'irrecevabilité de la demande, subsidiairement le rejet au fond. Ils soutenaient notamment l'absence de pièces exigées par l'article 475 CPC, l'incompétence du juge allemand, un délai de comparution insuffisant, le défaut de motivation des décisions allemandes et l'absence de réciprocité. ## Question de droit Le tribunal devait déterminer si un jugement allemand par défaut et une ordonnance de taxe pouvaient être déclarés exécutoires à Monaco, en l'absence de convention bilatérale entre les deux États, au regard des conditions cumulatives de l'article 473 CPC. Plus précisément, la juridiction devait apprécier : 1. la régularité de la production des pièces prévues par l'article 475 CPC, notamment au regard de la notification par voie postale ; 2. l'existence de la réciprocité, alors que les conditions allemandes de reconnaissance ne sont pas identiques à celles du droit monégasque ; 3. la compétence de la juridiction allemande, fondée sur une clause attributive de compétence figurant dans les conditions générales d'une vente aux enchères ; 4. le respect des droits de la défense, au regard d'un délai de comparution de quatre semaines ; 5. la suffisance de la motivation des décisions étrangères et leur conformité à l'ordre public monégasque. ## Solution et dispositif Le tribunal écarte l'ensemble des moyens soulevés par les défendeurs et déclare exécutoires les deux décisions allemandes. Sa motivation procède par étapes successives. **Sur la production des pièces.** Le tribunal rappelle que l'article 475.2° CPC impose la production de l'original de l'exploit de signification « dans le pays où le jugement aura été rendu », et qu'il convient en conséquence de se référer exclusivement au droit allemand en matière de signification. La notification postale n'étant pas contestée comme possible en droit allemand, et les attestations légalisées et traduites établissant la notification étant produites, le moyen est rejeté. **Sur la réciprocité.** Le tribunal relève qu'aucune convention bilatérale ne lie Monaco à l'Allemagne. Il constate que les conditions posées par la ZPO (notamment les articles 328 et 723) « sans être strictement identiques, s'apparentent à celles édictées par l'article 473 » CPC. Les divergences alléguées, relatives à l'appréciation de la compétence et à la vérification de la régularité formelle, ne suffisent pas à exclure la réciprocité, qui est donc « établie ». **Sur la compétence.** Le juge retient que la qualité de commerçant de j. N est établie par un faisceau d'éléments non contestés (articles de presse, notoriété de marchand d'art, importance de l'activité, entrepôt à Genève). Il relève en outre que le défunt av
Intégrité de la publication
- Hash SHA-256
- 83f79257bb8b26b68e7a5037f39d78c56a18301afbfde218461faa4e0c0c4abd
- Version
- 1.0.0
- Algorithme
- SHA-256 (contenu de la publication)
- Hashé le
- 2026-11-07
Ce hash permet aux LLM (Claude, GPT, Gemini, Perplexity) de vérifier qu'ils citent la version EXACTE de cette publication. Empreinte SHA-256 du contenu intégral de la publication.