jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 1 décembre 2016, La SA A c/ La SCP B
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 01 décembre 2016, n° 15491 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 01 décembre 2016, n° 15491 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/12-01-15491)) ## Faits et procédure La SCP B, société civile particulière monégasque, était titulaire auprès de la succursale monégasque de la SA A d'un compte-titres. Le 1er juillet 2014, soixante-dix titres ont été vendus sur son ordre pour un prix de 54.256,73 €. Le 3 juillet 2014, la banque a crédité le compte d'une somme de 54.017,72 €, après déduction de sa commission de courtage de 238,65 € HT. Le 6 août 2014, sur ordre de sa gérante, Mme m. c. GA, le solde créditeur du compte, soit 349.290,26 €, a été viré sur un compte bancaire en Autriche. La banque soutient qu'elle a crédité une seconde fois le compte, le 16 juillet 2014, d'une somme de 54.256,37 € correspondant au montant de la vente. Cette erreur a été découverte après le transfert du solde. Les tentatives de recouvrement amiable n'ayant pas abouti, la SA A a assigné la SCP B et Mme GA devant le tribunal de première instance le 5 mars 2015. La demanderesse fondait ses prétentions sur l'article 1701 du Code civil, pour obtenir la condamnation solidaire des défenderesses au paiement de la somme indue, assortie des intérêts à compter du 29 avril 2014, et d'une indemnité de 3.000 € au titre des frais irrépétibles. Les défenderesses concluaient au débouté, sollicitaient 30.000 € de dommages et intérêts et 10.000 € pour résistance abusive, demandaient la compensation et des délais de paiement. Elles invoquaient la bonne foi de Mme GA, qui disait avoir ignoré le montant du solde et avoir investi l'indu dans un achat immobilier, ainsi que sa situation financière précaire et ses problèmes de santé. ## Question de droit Le litige soulevait plusieurs questions : 1. **La loi applicable** : le tribunal devait déterminer si la répétition relevait du droit monégasque ou d'un autre droit, compte tenu du caractère autrichien de la destination des fonds. 2. **Les conditions de la répétition de l'indu** : la banque devait-elle prouver son erreur, ou seulement le caractère indu du paiement ? 3. **La responsabilité de la associée** : Mme GA pouvait-elle être condamnée avec la société, et selon quelle modalité (solidaire ou proportionnelle) ? 4. **Le point de départ des intérêts** : à compter de la demande, du paiement ou d'une autre date ? 5. **Les demandes reconventionnelles** : la bonne foi alléguée par les défenderesses, la résistance abusive et la compensation pouvaient-elles prospérer ? 6. **Les délais de paiement** : l'article 1099, alinéa 2, du Code civil pouvait
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