jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 15 décembre 2016, M. f., j., m. BO. c/ Mme v., m. BO. épouse BO.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15544 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15544 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/12-15-15544)) ## Faits et procédure Les époux, mariés à Monaco le 3 mai 2003 sous le régime légal de la séparation de biens, sont parents de deux garçons, nés à Monaco en 2006 et 2008. Le divorce a fait l'objet d'un jugement avant-dire-droit du 7 janvier 2016, qui a prononcé le divorce aux torts exclusifs du mari, fixé une prestation compensatoire de 150 000 euros, constaté l'exercice conjoint de l'autorité parentale et, provisoirement, fixé la résidence des enfants chez la mère, avec un droit de visite et d'hébergement au père. Ce jugement a ordonné une audition des enfants et une enquête sociale. L'enquête, déposée le 31 mars 2016, relevait l'attachement du père et la nécessité pour les enfants de conserver une relation étroite avec lui. Elle indiquait également que les conditions d'accueil à Avignon « semblent favorables à leur épanouissement », sous réserve d'une période d'adaptation. La mère, qui projetait de s'installer à Villeneuve-lez-Avignon (Gard), demandait la fixation chez elle de la résidence des enfants. Le père sollicitait à titre principal le maintien de la résidence alternée provisoirement ordonnée, et à titre subsidiaire, en cas de départ de la mère, sa propre désignation comme parent de résidence. La mère ne formait aucune demande subsidiaire. ## Question de droit La question posée était de savoir si un projet de déménagement de la mère, fondé sur des convenances personnelles et non sur une contrainte professionnelle, pouvait justifier la modification de la résidence habituelle des enfants, alors que le mode alterné avait été jugé conforme à leur intérêt. Il s'agissait, en second lieu, de déterminer les modalités du droit de visite et d'hébergement dans l'hypothèse d'un éloignement de la mère. Le fondement textuel est l'article 204-7 du Code civil, aux termes duquel le tribunal « désigne celui des père et mère auprès duquel les enfants auront leur résidence habituelle et [...] détermine le droit de visite et d'hébergement ». Le juge « statue au regard du seul critère de l'intérêt de l'enfant, sans considération des causes du divorce ». ## Solution et dispositif Le tribunal rappelle le principe selon lequel, « en présence de deux parents aux qualités éducatives et affectives équivalentes, l'intérêt de l'enfant est de bénéficier d'un égal accès à l'un et à l'autre de ses père et mère ». Il constate que les deux parents sont également investis, et que le mode alterné « convenait aux deux enfants, qui avaient ainsi trouvé un juste équilibre ces derniers mois ». Le raisonnement repose ensuite sur l'appréciation du projet de déménagement. Le tribunal retient que ce projet « relève d'un désir subjectif, au demeurant très compréhensible, mais non motivé par un impératif de type mutation professionnelle ou autre ». Il relève que la mère n'apporte aucune pièce sur ses conditions de logement, sur l'achèvement de son cursus universitaire, sur la durée du trajet, ni sur ses recherches de logement ou d'emploi à Monaco, alors même qu'elle disposerait d'un capital estimé à 300 000 euros. Le juge estime que les enfants, nés et scolarisés à Monaco, y ont leurs attaches et leur famille patern
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