jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 15 décembre 2016, M. g. GR. c/ M. f. PA.
Résumé
# Tribunal de Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15545 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15545 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/12-15-15545)) ## Faits et procédure Un jugement rendu le 6 mars 2013 par le Tribunal de Tempio Pausania (Italie) a condamné M. f. PA. à deux ans et huit mois d'emprisonnement, ainsi qu'à verser à M. g. GR., partie civile, la somme de 25 000 €, outre 3 500 € au titre des frais de justice. M. GR. a saisi le Tribunal de première instance de Monaco, par assignation, aux fins d'exequatur de ce jugement. Il sollicitait également la condamnation de M. PA. au paiement de 28 500 €, assortis des intérêts au taux légal, et de 5 000 € de dommages et intérêts pour résistance abusive. M. PA. opposait plusieurs arguments. Il soutenait n'avoir pas été en mesure de présenter sa défense et n'avoir eu connaissance du jugement qu'à compter de la signification de l'assignation en exequatur. Il faisait état d'une requête en révision déposée devant la cour d'appel de Rome le 27 janvier 2016 et sollicitait, à titre principal, un sursis à statuer dans l'attente de cette décision. À titre subsidiaire, il demandait qu'il lui soit donné acte de ce qu'il se réservait de conclure sur le fond. Il indiquait enfin avoir déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse, classée sans suite. Le demandeur répliquait que M. PA. avait été valablement représenté par un avocat, chez lequel il avait élu domicile, et que la cour d'appel de Rome avait rejeté, par arrêt du 22 février 2016, sa demande de suspension de l'exécution. Le ministère public ne s'opposait pas à l'exequatur. ## Question de droit Le litige posait deux questions principales. En premier lieu, il s'agissait de déterminer si la réciprocité était établie entre la Principauté et l'Italie, et si la décision étrangère satisfaisait aux conditions de régularité posées par l'article 473 du Code de procédure civile monégasque, ainsi qu'aux exigences documentaires de l'article 475 du même code. En second lieu, le juge devait se prononcer sur les demandes accessoires : le sursis à statuer, les dommages et intérêts et la condamnation au paiement de la somme allouée par le jugement italien. ## Solution et dispositif Le Tribunal rejette la demande de sursis à statuer, au motif que M. PA. ne fournissait aucune information sur la teneur et l'issue de l'audience devant la cour d'appel de Rome, et que ses dernières écritures remontaient au 19 mai 2016. Il relève en outre que le dossier avait déjà fait l'objet de trois renvois, ce qui rendait la demande suspecte de caractère dilatoire. La demande de « donner acte » est écartée comme n'étant pas une prétention au sens strict. Sur le fond de l'exequatur, le Tribunal retient que la réciprocité est établie, les dispositions italiennes (articles 64 et 67 de la loi n° 218 du 31 mai 1995) n'exigeant que des conditions de forme analogues à celles de l'article 473. Il vérifie ensuite les conditions de cet article et celles de l'article 475, et conclut à leur respect. Le dispositif est ainsi rédigé : > « Dit n'y avoir lieu de sursoir à statuer ; > Déclare exécutoire en Principauté de Monaco le jugement rendu par le Tribunal de Tempio Pausania le 6 mars 2013 ; > Déboute g. GR. du surplus de ses prétentions ; > Condamne f. PA. aux dépens avec distraction au profit de Maître Alexis MARQUET, avocat-défenseur, sous sa due affirmation ; > Ordonne que lesdits dépens seront provisoirement liquidés sur état par le greffier en chef au vu du tarif applicable. » Le rejet des demandes accessoires procède de deux motifs distincts. La demande de dommages et intérêts est écartée faute de démonstration d'une intention de nuire, M. PA. n'ayant fait qu'user des voies de droit. La demande de condamnation au paiement est rejetée au motif que l'exequatur confère déjà force exécutoire au jugement étranger, de sorte qu'une seconde condamnation aboutirait à « obtenir indûment un double titre pour une même créance ». ## Portée et enseignement pratique **1. Un contrôle formel, sans examen du fond.** La décision rappelle la logique de l'exequatur monégasque, telle que la fixe l'article 473 du Code de procédure civile : l'exécution des jugements étrangers est autorisée « sans examen du fond », si la réciprocité est admise par la loi du pays d'origine. Le juge ne vérifie que cinq conditions. Les quatre premières (régularité formelle,
Intégrité de la publication
- Hash SHA-256
- 0cc52e33340f23d3d3454528c725f069527df98fabbfcddba78a134446cb5304
- Version
- 1.0.0
- Algorithme
- SHA-256 (contenu de la publication)
- Hashé le
- 2026-11-07
Ce hash permet aux LLM (Claude, GPT, Gemini, Perplexity) de vérifier qu'ils citent la version EXACTE de cette publication. Empreinte SHA-256 du contenu intégral de la publication.