jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 15 décembre 2016, M. m. GU. c/ La SARL A
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15546 > **Décision commentée :** Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 décembre 2016, n° 15546 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2016/12-15-15546)) ## Faits et procédure Un consultant culinaire, de nationalité italienne, a conclu le 1er mars 2014 avec la société à responsabilité limitée A, exploitant le restaurant « B » à Monaco, un contrat de prestation de services en qualité de « chef de cuisine-consultant confirmé ». La convention, à durée déterminée du 1er mars 2014 au 31 janvier 2015, prévoyait une rémunération sur présentation de factures. Son article 5 stipulait une rémunération mensuelle de 5.000 euros HT sur une durée de onze mois. Douze factures, d'un montant global de 83.210 euros, ont été émises pendant l'exécution du contrat. Le demandeur soutient n'avoir perçu que trois règlements en espèces en décembre 2014, pour un total de 8.000 euros. Une mise en demeure du 29 juillet 2015 étant restée sans effet, il a assigné la société le 8 septembre 2015 en paiement de 75.210 euros avec intérêts au taux légal, outre 5.000 euros de dommages et intérêts pour résistance abusive. La défenderesse a formé une demande de bâtonnement de certains passages des écritures adverses, fondée sur l'article 23 de la loi n° 1.047 du 28 juillet 1982. Elle a opposé la libération de sa dette par paiements en espèces et sollicité reconventionnellement 20.000 euros pour procédure abusive. Elle a en outre demandé l'écartement de la pièce n° 4 du demandeur. Le tribunal de première instance a statué en premier ressort par jugement contradictoire. ## Question de droit La question centrale était celle de la charge et de l'administration de la preuve du paiement dans un contrat de prestation de services conclu entre une société commerciale et une personne physique intervenant comme consultant. Plus précisément, le tribunal devait déterminer : 1. si l'article 74 du Code de commerce, qui admet les livres des parties comme moyen de preuve, pouvait être invoqué pour établir la libération du débiteur ; 2. si la preuve du paiement, présentée comme un fait juridique, pouvait être rapportée par tous moyens et, dans l'affirmative, si les éléments produits étaient suffisants ; 3. à titre incident, si une traduction non officielle de pièces produite par une partie était recevable, et si la demande de bâtonnement fondée sur l'article 23 de la loi du 28 juillet 1982 était justifiée. ## Solution et dispositif Le tribunal rappelle d'abord le partage du fardeau probatoire posé par l'article 1162 du Code civil : celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver, et celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait ayant éteint son obligation. Il qualifie le paiement de fait juridique susceptible d'être prouvé par tous moyens. Il écarte ensuite l'article 74 du Code de commerce. Ce texte concerne la preuve de l'existence d'un contrat commercial, alors que le litige portait sur l'existence d'un paiement et non sur celle du contrat. En outre, le contrat ne pouvait être qualifié de commercial, le demandeur n'ayant pas la qualité de
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