jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 19 janvier 2017, M. m. C c/ M. m. B
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 19 janvier 2017, n° 15643 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 19 janvier 2017, n° 15643 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2017/01-19-15643)) ## Faits et procédure Le 23 août 2014, M. m. C acquiert de M. m. B, par l'intermédiaire d'un échange de courriels, un véhicule d'occasion de marque Jaguar, immatriculé à Monaco, pour un prix de 22.800 €. L'annonce présentait le véhicule comme appartenant à la gamme « Luxe Premium », alors que l'acheteur soutient qu'il relevait de la gamme « Luxe », de moindre niveau. Le kilométrage lors de la remise des clés est, selon l'acquéreur, de 76.928 km, tandis que le certificat de cession mentionne 73.421 km. Après environ 300 km de circulation, un dysfonctionnement de la boîte de vitesses apparaît. Le véhicule est déposé au garage BAC Monte Carlo, qui édite un relevé électronique d'incidents. Une expertise amiable et contradictoire est conduite par le Bureau monégasque d'expertises, mandaté par l'assureur de l'acquéreur, en présence de l'expert technique assistant le vendeur. Ce dernier conteste le vice, son antériorité à la vente et la réalité du kilométrage affiché. Par assignation du 12 mars 2015, M. m. C saisit le Tribunal de première instance d'une action en résolution pour vices cachés. Un jugement avant-dire-droit du 7 janvier 2016 rejette les appels en garantie formés par le vendeur à l'encontre de tiers. Le litige est tranché au fond par jugement du 19 janvier 2017, rendu sur le fondement de l'article 1483 du Code civil, tel que visé par le tribunal. Le demandeur sollicitait la résolution de la vente, la restitution du prix avec intérêts au taux légal, le remboursement de frais liés à la vente (1.853,82 €), des dommages-intérêts de 5.000 € pour résistance abusive et l'exécution provisoire. Le défendeur concluait au rejet de l'ensemble des prétentions, en contestant la matérialité et l'antériorité du vice. ## Question de droit La décision soulève plusieurs questions, qu'il convient de distinguer. **En premier lieu**, il s'agit de déterminer si la défaillance de la boîte de vitesses d'un véhicule d'occasion constitue un vice caché au sens de l'article 1483 du Code civil, c'est-à-dire un défaut qui rend la chose impropre à l'usage auquel elle est destinée ou qui en diminue tellement l'usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou ne l'aurait acquise qu'à moindre prix, s'il l'avait connu. **En second lieu**, se pose la question de la preuve des conditions du vice, et notamment de son antériorité à la vente, lorsque les éléments sont issus d'un relevé électronique de diagnostic et d'une expertise sans démontage. **Enfin**, le tribunal doit statuer sur les conséquences de la résolution : restitution du prix, remboursement des frais de vente au sens de l'article 1488, et demande indemnitaire fondée sur la résistance abusive du vendeur, sans recours aux dispositions spécifiques de l'article 1487. ## Solution et dispositif Le tribunal rappelle que, selon l'article 1483, il incombe à l'acquéreur qui invoque la garantie de démontrer cumulativ
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