jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 19 septembre 2017, La société A et la SCI B c/ Mme m-l. A et autres
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 19 septembre 2017, n° 16303 > **Décision commentée :** Tribunal de Première Instance de Monaco, 19 septembre 2017, n° 16303 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2017/09-19-16303)) ## Faits et procédure Une société anonyme (la société A), qui agit par sa succursale monégasque, détenait une créance sur une personne physique, Mme m-l. A, au titre du solde débiteur d'un compte bancaire. Après deux mises en demeure adressées par lettres recommandées avec avis de réception, les 11 mars et 9 mai 2016, Mme A a cédé le fonds de commerce de bar, saladerie-sandwicherie avec vente à emporter qu'elle exploitait à Monaco à deux cessionnaires, M. n. E. et M. n. K. La cession a fait l'objet de deux insertions au *Journal de Monaco* les 10 et 17 juin 2016. La décision indique que l'acte de cession est daté du 3 juin 2016, mais elle en qualifie la nature de façon divergente : « sous seing privé » dans l'exposé des faits, « authentique » dans le dispositif. Le prix de cession, de 180 000 euros selon les motifs, a été payé avant l'acte, donc avant toute publication, ce que la cédante comme les cessionnaires reconnaissent. Le 24 juin 2016, la société A a fait signifier une opposition au prix de vente, à hauteur de 61 410,88 euros, aux deux cessionnaires et au notaire rédacteur, Maître Henry REY. Les actes ont été remis à une personne présente au siège du fonds, M. a. MA., qui les a ensuite retournés à l'huissier en indiquant que les destinataires avaient refusé de les prendre. Par acte du 6 juillet 2016, la société A a assigné Mme A et les deux cessionnaires devant le Tribunal de première instance aux fins de validation de l'opposition et de condamnation de la cédante au paiement de sa créance. Dans ses dernières écritures, elle a sollicité la constatation de la défaillance des cessionnaires au regard de l'ordonnance du 23 juin 1907 et leur condamnation à se libérer entre ses mains. La SCI B, créancière de Mme A au titre d'un bail d'habitation, est intervenue volontairement par conclusions du 19 septembre 2016 et a demandé sa propre condamnation, ainsi que celle des cessionnaires, sur le même fondement. Les cessionnaires ont soulevé l'irrecevabilité des demandes, contesté la validité de l'opposition et sollicité 3 000 euros de dommages-intérêts pour abus de procédure. Mme A a reconnu la dette et demandé des délais de paiement. L'affaire a été plaidée à l'audience du 1er juin 2017 et mise en délibéré. ## Question de droit Le tribunal devait trancher plusieurs questions : 1. L'intervention volontaire d'un créancier du cédant est-elle recevable lorsqu'elle n'a pas été notifiée aux défendeurs défaillants lors de leur première comparution (art. 383 et 384 du Code de procédure civile) ? 2. Le cédant peut-il obtenir des délais de paiement au sens de l'article
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