jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 26 septembre 2017, M. a. GA. c/ M. j. d. CO.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 septembre 2017, n° 16470 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 septembre 2017, n° 16470 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2017/09-26-16470)) ## Faits et procédure Une société à responsabilité limitée monégasque (la SARL A), immatriculée en octobre 2013, exploitait une activité de bureau d'études, d'analyses et de conseil en modélisation mathématique et statistique, ainsi que de conception de logiciels. Son associé gérant, M. j. d. CO., en exploitait antérieurement la même activité en nom personnel depuis 1999. La société détenait 149 parts sur 150, la part restante appartenant à un salarié de l'entreprise individuelle. Saisi par l'associé gérant sur le fondement de l'article 409 du Code de commerce, le Tribunal de première instance a constaté, par jugement du 20 février 2014, la cessation des paiements de la société, avec une date provisoire fixée au 31 décembre 2013, et désigné M. a. GA. en qualité de syndic. La liquidation des biens de la société a été prononcée par jugement du 25 juin 2015. Par exploit du 27 novembre 2015, le syndic a assigné M. CO. en vue de faire juger qu'il existe une confusion de patrimoine entre celui-ci et la société, et de prononcer sa propre liquidation des biens. Il sollicitait en outre que soient écartées des débats cinq pièces produites en langue anglaise et qu'il soit enjoint au défendeur de verser aux débats le contrat conclu le 9 décembre 2013 entre la SARL A et la société de droit guernesiais B. Le syndic soutenait que la société n'avait été créée que pour reprendre, au profit du dirigeant, l'activité et le passif latent de l'entreprise individuelle, et fondait sa demande sur l'article 565 du Code de commerce ainsi que sur la notion jurisprudentielle de confusion des patrimoines. Le défendeur concluait au débouté et formait une demande reconventionnelle de 10 000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive. Le Ministère public, dans ses conclusions, requérait la constatation de la confusion des patrimoines et la liquidation des biens du défendeur. ## Question de droit La question posée au tribunal était double. Il s'agissait d'abord de déterminer si une société à responsabilité limitée peut être regardée comme fictive, et ce, en considération de quels indices. Il s'agissait ensuite de savoir si, la société étant fictive, le patrimoine de son associé gérant doit être confondu avec celui de la société au point que la liquidation des biens s'étende à l'intéressé. Le tribunal a formulé le critère en ces termes : une société « peut être considérée comme non valablement constituée et donc fictive quand il n'existe pas de réelle volonté d'au moins deux personnes de mettre des choses en commun en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter au sens de l'article 1670 du Code civil ». Il précise que tel est le cas « quand le dirigeant se comporte comme s'il gérait son affaire personnelle et que la mise en société n'est commandée que par la volonté de soustraire son patrimoine aux aléas du commerce ». Le dispositif de l'énoncé de principe, reproduit en tête de la décision, en synthétise la portée : il convient d'étendre la liquidation des biens de la SARL à son associé gérant « dès lors que le dirigeant se comporte comme s'il gérait son affaire personnelle et que la mise en société n'est commandée que par la volonté de soustraire son patrimoine aux aléas du commerce ». ## Solution et dispositif Sur les pièces en langue anglaise, le tribunal relève que le défendeur en a produit la traduction assermentée, communiquée à son contradicteur, de sorte qu'il n'y a pas lieu de les écarter. Sur le contrat du 9 décembre 2013, la traduction ayant été versée en pièce n° 71, il n'y a pas l
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