jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 26 octobre 2017, L'État de Monaco c/ Madame e. KH.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 octobre 2017, n° 16529 > **Décision commentée :** Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 octobre 2017, n° 16529 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2017/10-26-16529)) ## Faits et procédure Le 23 novembre 2011, l'État de Monaco, représenté par l'Administration des Domaines, a consenti à M^me^ e. KH. un bail d'habitation portant sur un appartement de trois pièces principales en duplex et une cave, situés dans l'immeuble « X1 » à Monaco. Le bail était conclu pour trois ans, avec renouvellement par tacite reconduction, et prévoyait un loyer annuel initial de 27.787,40 euros payable par trimestres anticipés, avec révision annuelle selon l'indice des prix à la consommation. La locataire a cessé de régler loyers et charges à compter de janvier 2014, en invoquant des désordres affectant le logement. Trois mises en demeure lui ont été adressées (9 juin 2015, 25 février 2016 et 4 mai 2016), restées sans effet. Le 17 juin 2016, l'État a fait pratiquer une saisie-arrêt entre les mains de l'établissement bancaire A, après autorisation du Président du Tribunal de première instance, et a assigné la défenderesse au fond. Parallèlement, une procédure de référé a abouti à une ordonnance du 18 janvier 2017 constatant la résiliation de plein droit du bail et ordonnant l'expulsion, confirmée par la Cour d'appel le 29 septembre 2017. Devant le Tribunal, l'État sollicitait la condamnation de la locataire à la somme de 90.960,81 euros au titre de la dette locative arrêtée au 9 avril 2017, outre 5.000 euros de dommages et intérêts, la validation de la saisie-arrêt et l'exécution provisoire. La défenderesse, bénéficiaire de l'assistance judiciaire, concluait au débouté. Elle soutenait que le bailleur avait manqué à ses obligations, que le logement était dangereux et avait été déclaré insalubre, et qu'elle était en conséquence fondée à différer le paiement des loyers. Elle invoquait les articles 1559 et 1560 du Code civil. Le Tribunal a, en outre, été saisi d'une demande de l'État tendant à écarter un procès-verbal de constat d'huissier du 11 août 2016 produit par la défenderesse. ## Question de droit La question posée au Tribunal était, en substance, la suivante : un locataire peut-il suspendre le paiement de ses loyers en invoquant l'inexécution, par le bailleur, de travaux de réparation et des désordres affectant le logement, alors que ceux-ci n'ont pas rendu les lieux totalement inoccupables ? Une question subsidiaire portait sur la recevabilité et la valeur probante du constat d'
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