jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 17 mai 2018, La Sarl N c/ La Sarl V
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 17 mai 2018, n° 17064 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 17 mai 2018, n° 17064 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2018/05-17-17064)) ## Faits et procédure Par acte sous seing privé du 29 juillet 2016, la SARL N, organisatrice d'un tournoi de polo, a conclu avec la SARL V un contrat de sponsoring pour l'édition 2016 de ce tournoi. Le sponsor s'engageait à verser la somme totale de 120.000 euros TTC, payable en trois échéances : 60.000 euros à la signature, 40.000 euros dans les sept jours précédant l'événement et 20.000 euros dans les sept jours suivant sa fin. Le tournoi s'est déroulé du 15 au 18 septembre 2016. La SARL V a acquitté les deux premières échéances. Faute de paiement du solde, la SARL N a mis en demeure sa cocontractante, par lettre recommandée du 24 mars 2017, de lui verser 20.000 euros. Après une requête aux fins de saisie-arrêt, elle a fait pratiquer, le 21 avril 2017, une saisie sur les comptes détenus par la SARL V auprès de la banque B, et a assigné la SARL V en validation de la saisie et en paiement. Saisi par la SARL V, le juge des référés a, par ordonnance du 29 novembre 2017, rétracté l'ordonnance d'autorisation et ordonné la mainlevée de la saisie. Au fond, la SARL V a opposé à la demande en paiement des manquements contractuels de la SARL N. Elle a formé des demandes reconventionnelles en résolution du contrat, en restitution de 100.000 euros et en paiement de 10.000 euros de dommages-intérêts, sur le fondement de l'article 1039 du Code civil. La SARL N a, pour sa part, réclamé 5.000 euros pour résistance abusive. Le tribunal a statué le 17 mai 2018. ## Question de droit La question posée était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si les manquements de l'organisateur à plusieurs obligations du contrat de sponsoring permettaient au sponsor de refuser le paiement du solde, par le jeu de l'exception d'inexécution, et, d'autre part, de savoir si ces mêmes manquements justifiaient la résolution judiciaire du contrat, assortie de la restitution des sommes versées. Accessoirement, le tribunal devait apprécier le caractère abusif de la procédure engagée par le créancier et de la résistance opposée par le débiteur. ## Solution et dispositif Le tribunal retient que la SARL N a manqué à trois obligations contractuelles : la clause d'exclusivité de l'article 3, l'obligation de promotion sur le programme officiel et le site internet (article 4.2.2) et l'obligation d'exposition des produits du sponsor au Salon de réunions X de Paris (article 4.2.6). Les autres griefs sont écartés, faute de manquement caractérisé ou de preuve suffisante. Sur le fond, le tribunal admet l'exception d'inexécution, sans que la SARL V l'
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