jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 7 juin 2018, M. g. b. FA. c/ La SCI A et autres
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 juin 2018, n° 17088 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 juin 2018, n° 17088 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2018/06-07-17088)) ## Faits et procédure Une société civile immobilière monégasque (la SCI A), constituée en 1988 entre deux frères, détenait des biens immobiliers à Monaco, un appartement avec cave et un parking, acquis en 1988 et 1999. La gérance était confiée statutairement à la compagne de l'un des associés, Mme e. SA. Après le décès de l'associé majoritaire en 2003, Mme e. SA. a recueilli, selon les constatations du tribunal, les parts sociales de ce dernier (51 %) en qualité de légataire particulier. Sur requêtes en compulsoire, l'associé minoritaire, M. g. FA. (49 %), a obtenu des documents établissant que les biens avaient été loués depuis 1998, puis vendus le 12 novembre 2007 à la SCI B, société créée en juin 2007 par les frères de la gérante. Une demande de désignation d'un administrateur provisoire avait été rejetée en première instance, puis en appel, faute de démonstration de la paralysie des organes sociaux. Il ressortait par ailleurs des pièces produites que la gérante avait, le 4 novembre 2007, signé au nom de la société une reconnaissance de dette de 431.050 € à son propre profit, puis, le 7 novembre 2007, cédé cette créance à la SCI B. Les actes de vente du 12 novembre 2007 mentionnaient un paiement « hors la comptabilité du notaire ». Le tribunal relève que le prix de 560.000 € n'avait pas été établi comme payé dans les faits. Par exploit du 19 octobre 2015, M. g. FA. a assigné la SCI A, Mme e. SA., la SCI B et son gérant. Il sollicitait la nullité des actes, la condamnation de la gérante à réparer le préjudice de la société et le paiement d'une créance personnelle de 507.849,11 €. Les défendeurs opposaient l'irrecevabilité (défaut de qualité et d'intérêt, prescription de l'article 1707 du Code civil, immutabilité du litige) et formaient une demande reconventionnelle pour procédure abusive. ## Question de droit Trois questions principales se posaient au tribunal. **En premier lieu**, un associé non partie aux actes de disposition accomplis par le gérant a-t-il qualité et intérêt à en demander l'annulation ? Il s'agissait de savoir si la prescription de trois ans de l'article 1707 du Code civil pouvait être opposée à cette action et si le principe d'immutabilité du litige faisait obstacle à l'extension des moyens et demandes en cours d'instance. **En deuxième lieu**, les actes accomplis par le gérant d'une société civile, en vertu des pouvoirs conférés par l'article 1694, alinéa 1er, du Code civil, peuvent-ils être annulés lorsqu'ils sont frauduleux ? Cette question impliquait d'apprécier l'existence et la preuve de la créance invoquée à l'appui de la reconnaissance de dette, ainsi que la portée de la cession de créance. **En troisième lieu**, la gérante peut-elle être condamnée à réparer le préjudice causé à la société par ces actes, et l'associé peut-il agir en réparation pour le compte de celle-ci ? ## Solution et dispositif Le tribunal déclare l'associé recevable et prononce, sur le fondement de l'article 1694, alinéa 1er, du Code civil, la null
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