jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 11 octobre 2018, La Société Nordea Bank SA c/ k. DA. et c. DA.épouse JE.
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 11 octobre 2018, n° 17448 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 11 octobre 2018, n° 17448 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2018/10-11-17448)) ## Faits et procédure Par acte du 13 décembre 2006, réitéré par acte authentique du 22 décembre 2006, une société anonyme de droit luxembourgeois, désignée dans le texte sous le nom de « société A », a consenti à une société civile immobilière de droit français (SCI D) un prêt hypothécaire de 1.600.000 euros, remboursable sur dix ans à compter du 31 janvier 2007. Le même jour, deux associés de la société emprunteuse, M. k. DA. et Mme c. DA., épouse JE., ont souscrit deux engagements de caution personnelle et solidaire, rédigés en langue anglaise et plafonnés à 1.600.000 euros. Après la défaillance de l'emprunteur, la banque a résilié le contrat de prêt, fait délivrer un commandement de payer valant saisie, puis obtenu la vente aux enchères du bien hypothéqué, adjugé au créancier poursuivant pour 700.000 euros avant d'être revendu 425.000 euros. Le solde demeurant impayé, la banque a sollicité, le 13 décembre 2016, l'autorisation de pratiquer une saisie-arrêt sur les comptes des cautions détenus auprès d'un établissement monégasque, en raison de leur résidence à Monaco. Autorisée par ordonnance présidentielle du 14 décembre 2016, elle a fait pratiquer la saisie par exploit du 4 janvier 2017, assignant simultanément les défendeurs en validation et en paiement de 1.203.059,70 euros. La saisie n'a été fructueuse qu'à hauteur de 131.063,40 euros, les comptes saisis se trouvant par ailleurs nantis au profit de l'établissement tiers-saisi. Par ordonnance présidentielle du 8 mai 2017, la banque a obtenu l'inscription provisoire d'un nantissement sur le fonds de commerce exploité par M. DA. à Monaco sous l'enseigne « B », inscription prise le 16 mai 2017. Une seconde assignation, du 4 août 2017, a tendu au paiement de l'intégralité de la créance (1.925.093,87 euros) et à l'inscription définitive du nantissement. Les deux instances ont été jointes. Les défendeurs ont soulevé in limine litis l'incompétence des juridictions monégasques au profit des tribunaux luxembourgeois, en se fondant sur une clause ainsi rédigée : « La présente garantie est régie par les lois du Grand-Duché du Luxembourg et est soumise à la compétence exclusive des tribunaux luxembourgeois pour tout litige survenant en vertu des présentes ». À titre subsidiaire, ils ont demandé la mainlevée de la saisie-arrêt et la radiation du nantissement, soutenant que la créance n'était pas exigible faute de respect du formalisme contractuel. La banque a conclu au rejet de l'exception. Elle a soutenu que la clause, stipulée à son seul profit, pouvait être abandonnée par elle au bénéfice du juge du domicile des défendeurs, conformément à une jurisprudence monégasque antérieure à la loi nouvelle. Le ministère public a conclu à l'incompétence des juridictions monégasques et à la mainlevée de la saisie. ## Question de droit La question posée au tribunal était double. Il lui revenait, d'abord, de déterminer si la loi n° 1.448 du 28 juin 2017 relative au droit international privé permet à l'une des parties à une clause attributive de compétence étrangère, stipulée dans son intérêt exclusif, d'y renoncer et de saisir le juge de son cocontractant. Il lui appartenait, ensu
Intégrité de la publication
- Hash SHA-256
- 2f720cf1f4cb50d91eca5b135a266ac0350f5e2884182d89dd3eb95c4a7bbc26
- Version
- 1.0.0
- Algorithme
- SHA-256 (contenu de la publication)
- Hashé le
- 2026-11-07
Ce hash permet aux LLM (Claude, GPT, Gemini, Perplexity) de vérifier qu'ils citent la version EXACTE de cette publication. Empreinte SHA-256 du contenu intégral de la publication.