jurisprudence · v1.0.0
Tribunal de première instance, 15 avril 2021, a. C. DA C. et l'Association F c/ La SA B
Résumé
# Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 avril 2021, n° 19782 > Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 15 avril 2021, n° 19782 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/tribunal-premiere-instance/2021/04-15-19782)) ## Faits et procédure La demanderesse, de nationalité portugaise, a été employée comme femme de ménage par l'établissement public de droit monégasque D, dont l'assureur-loi était la SA B. Elle a contracté deux maladies professionnelles, une tendinite du poignet droit le 1er mars 2006, puis une tendinite du poignet gauche le 15 mars 2006. Après une série de décisions relatives à la rente, à la rechute et à la capacité résiduelle de gains, la Commission spéciale d'invalidité, saisie à la suite d'un arrêt de la Cour d'appel du 29 septembre 2017, a fixé à 100 % la capacité résiduelle de gains de la victime le 9 janvier 2018. Une ordonnance de conciliation, signée par la demanderesse, a été rendue le 28 novembre 2018. Par jugement du 13 juin 2019, le Tribunal d'instance de Menton a placé l'intéressée sous mesure de curatelle renforcée aux biens et à la personne. Par exploit du 25 mai 2020, la victime, assistée de l'association F en sa qualité de curateur, a assigné la SA B devant le Tribunal de première instance. À titre principal, les demanderesses sollicitaient l'annulation de l'ordonnance de conciliation pour erreur, en invoquant une incompréhension du français et une déficience intellectuelle. À titre subsidiaire, elles demandaient une contre-expertise, la reconnaissance d'une aggravation de l'état de santé et un lien causal entre les maladies professionnelles et des troubles psychiatriques. La SA B concluait au rejet des prétentions, à l'homologation de l'avis de la Commission spéciale du 9 janvier 2018 et, reconventionnellement, à l'allocation de 1 500 euros de dommages-intérêts pour action abusive. ## Question de droit Le litige soulève deux questions. **La première** porte sur la nature de l'ordonnance de conciliation et sur la possibilité de l'annuler pour erreur sur le fondement de l'article 964 du Code civil. Il s'agit de savoir si un acte juridictionnel relève du régime des vices du consentement applicable aux conventions, et si le juge conserve néanmoins un pouvoir de contrôle en l'absence de voie de recours spécifique prévue par la lo
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