STCOR 117/2010 (ECLI:AD:TCORAD:2010:117)
Décision commentée : STCOR 117/2010, Tribunal de Corts (Andorre), sentence du 15 octobre 2010, affaire n° TC-036-5/09, ponente Mme Concepció Baron Mora (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision se rapporte à une rixe survenue dans la nuit du 8 au 9 septembre 2006. Un premier incident eut lieu à l'intérieur de la discothèque « E. P. », à Pas de la Casa, entre deux personnes, Ribes et Benitez, à l'occasion de bousculades réciproques. Vers 4 h 20 du matin, les deux hommes, accompagnés de leurs amis respectifs, se retrouvèrent avenue d'Encamp, devant le restaurant « L. G. ». Un échange de propos conduisit à un coup de poing, puis à une bagarre au cours de laquelle chacun frappa l'autre au visage.
Le rapport du Service de médecine légale et médecine légale (non reproduit dans la décision, qui y renvoie au folio 117 et suivants) décrit, pour la victime Ribes, une fracture des os propres du nez, une lésion oculaire droite avec hémorragie, une subluxation maxillaire droite, un hématome périorbitaire et palpébral bilatéral, ainsi que de nombreuses lésions ecchymotiques. La durée minimale de guérison est de 21 à 30 jours, avec nécessité d'assistance et de traitement médical. Benitez présente de légères érosions, avec une incapacité de 10 à 12 jours, sans assistance médicale. Le taux d'alcoolémie de Ribes est de 1,14 gramme par litre de sang.
Le Ministère public est partie accusatrice. Les deux prévenus, de nationalité française, ne comparurent pas malgré une citation régulière ; ils sont jugés par défaut (en situation de « rebel·lia processal »). La partie civile, désignée dans la décision comme « ORG_0 », réclame le remboursement de frais médicaux relatifs à Benitez.
Question de droit
La juridiction devait résoudre trois questions :
- La qualification pénale des faits. Il s'agissait de déterminer si les lésions relevaient du délit majeur de lésions dolosives nécessitant un traitement médical après la première assistance (art. 113.3 du Code pénal) ou de la contravention pénale de lésions dolosives (art. 476.1).
- L'imputabilité et les circonstances modificatives. Il fallait apprécier l'autorship de chacun des prévenus et la demande d'atténuation fondée sur la collaboration avec les autorités, présentée pour Benitez.
- Les conséquences civiles et les dépens. Il s'agissait de fixer la réparation des préjudices et la répartition des frais de justice.
Solution et dispositif
La juridiction retient que les faits « sont, en premier lieu, constitutifs d'un délit majeur de lésions dolosives [...] tipificat a l'article 113.3 del Codi Penal », dès lors que les lésions ont nécessité un traitement médical attesté par le rapport figurant au dossier, la juridiction se référant également à la photographie de la victime au folio 47. Les faits sont « en second lieu » constitutifs d'une contravention pénale de lésions dolosives, prévue à l'article 476.1.
Les responsabilités pénales sont retenues en qualité d'auteurs, en application des articles 20 et 21 du Code pénal, qualification « acceptée par les défenses respectives ». Aucune circonstance modificative n'est reconnue. La juridiction écarte la demande de collaboration avec l'autorité formulée pour Benitez, « no trobant-se reunits els requisits de dit atenuant ». Les juges n'exposent pas, dans le texte, le détail de cette appréciation.
Le dispositif est reproduit ci-après dans