STCOR 6/2016 : Tribunal de Corts, 27 janvier 2016 (affaire de maltraitance animale)
Décision commentée : STCOR 6/2016, Tribunal de Corts (Andorre), 27 janvier 2016, ECLI:AD:TCORAD:2016:6 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 20 juillet 2015, vers 15 heures, un agent de police est requis à Canillo au sujet d'un chien enfermé dans un véhicule stationné. Un dispositif des sapeurs-pompiers est déjà sur place. Le chien, un Golden Retriever, présente de graves difficultés respiratoires. Les agents ne parviennent pas à ouvrir le véhicule et brisent une vitre pour extraire l'animal. Transporté à la clinique vétérinaire, celui-ci meurt peu après d'un choc systémique consécutif à un coup de chaleur.
Le véhicule et l'animal appartiennent à Mme Expósito, ressortissante espagnole en vacances en Principauté. Selon les faits retenus, elle se trouvait avec sa famille à la piscine d'un hôtel voisin et avait oublié d'entrouvrir au moins une fenêtre du véhicule.
Le Ministère public a initialement poursuivi l'intéressée pour la contravention pénale de maltraitance d'animaux, prévue à l'article 502 du Code pénal. À l'audience, au vu des preuves administrées, il retire l'accusation au motif de l'absence de dol. La défense, représentée par Me Bernat, se déclare en accord total avec cette position. Le Tribunal de Corts, siégeant en formation de magistrat unique (Mme Concepció Baron Mora, rapporteure), statue par jugement oral et public.
Le résumé automatique (« Resum I.A. ») figurant dans la base de données ne constitue pas une source de la décision et n'a pas été retenu pour la présente analyse.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
La première porte sur l'élément moral de la contravention de maltraitance d'animaux. Il s'agit de déterminer si l'infraction suppose un dol, ou si une imprudence ayant causé la mort de l'animal peut suffire. Le tribunal relève que « la imprudència amb resultat danyós no està penalitzada », ce qui revient à exclure la répression de l'imprudence dans ce cas précis.
La seconde question concerne l'office du juge face au retrait de l'accusation par le Ministère public. Il s'agit de savoir quelles conséquences ce retrait entraîne sur l'action pénale et si le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation indépendant.
Solution et dispositif
Le tribunal rappelle le caractère « essentiellement accusatoire » de l'ordre juridique pénal andorran. Il en tire la conséquence suivante : lorsque la prétention punitive disparaît chez le Ministère public, seule partie accusatrice, « l'action pénale s'éteint » et l'accusé est libéré de toute responsabilité jusqu'alors pendante.
Le tribunal constate que le Ministère public, au vu de l'absence de dol, estime qu'aucune infraction pénale n'est constituée. Il en déduit qu'il y a lieu, « sans autres préambules », de prononcer l'absolution de Mme Expósito. Les dépens sont mis à la charge de l'État, selon le considérant second.
Le dispositif est ainsi rédigé (traduction fidèle du catalan) :
« Je dois acquitter et j'acquitte Mme Expósito de la contravention pénale de maltraitance d'animaux, par retrait de l'accusation du Ministère public, les dépens exposés étant déclarés d'office. »
Le jugement précise qu'un recours d'appel peut être formé devant le Tribunal dans un délai de quinze jours à compter de la notification.
Portée et enseignement pratique
Sur l'élément moral. La décision retient que l'infraction de maltraitance d'animaux n'est pas constituée en l'absence de dol, et que l'imprudence ayant entraîné un dommage n'est pas pénalisée dans ce cadre. Le jugement ne contient toutefois aucune démonstration détaillée de ce point. Il ne